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Actualité politique, économique et sociale

L’anonymat sur les réseaux sociaux : triomphe de la lâcheté.

L’assassinat de Samuel Paty soulève une fois encore la question de l’anonymat ou du pseudonymat sur les réseaux sociaux. Assez de faux semblants et d’excuses oiseuses. L’anonymat et dans une certaine mesure le pseudonymat non contrôlé, c’est l’encouragement à la lâcheté et à la haine tranquille.

Lançons le débat.

Parmi les arguments de la défense de l’anonymat on entend :

  • « Mais ce n’est pas vraiment anonyme puisque, sur décision de justice, on peut toujours savoir qui se cache derrière un pseudonyme » ;
  • « Oui mais certains, de par leur métier, ont un devoir de réserve et ne peuvent s’exprimer publiquement » ;

Ce sont les arguments du renoncement, du fatalisme, de la complicité passive.

A cela on peut répondre :

  • Une décision de justice vient à l’issue d’un processus le plus souvent complexe, lourd, long ou aléatoire, et ce d’autant plus que la justice manque de moyens. Donc un lâche anonyme peut passer entre les gouttes. Ce n’est pas normal.
  • Ceux qui choisissent un métier avec devoir de réserve le font en connaissance de cause et renoncent de fait à une partie de leur liberté d’expression. C’est dommage mais c’est comme ça. Ceux-là exercent souvent des missions de service publique et doivent être protégés. Pour eux, il faut prévoir des lieux où ils pourront signaler toute situation anormale ou abusive qu’ils ne pourraient exprimer publiquement. Ou bien il faut leur octroyer des circonstances dérogatoires leur permettant cette expression publique. Bref, si on veut les protéger, on le peut.

Pour le reste soyons clairs :

  • Toute inscription sur les réseaux sociaux peut dorénavant être conditionnée à la transmission d’une pièce d’identité. Dans le contexte actuelle, admettons cela comme un mal nécessaire.
  • La responsabilité des éditeurs de blogs ou de réseaux sociaux doit être conjointement engagée avec celle des auteurs. Cela qui obligera les éditeurs à mettre en place des cellules de veille et de modération. Des millions de chômeurs se profilent, voilà de quoi créer de l’activité. « Police de la pensée » diront les laxistes ou les complices de ceux qui incitent à la haine. « Prévention des abus et protection de vastes territoires de liberté » leur répondront les autres.
  • Le pseudonymat ne saurait être remis en cause. Sans doute faut-il imposer que le nom d’état civil figure dans le profil, ou que le nom du dirigeant y soit indiqué s’il s’agit d’une personne morale. Exactement comme dans l’ours d’un journal ou au bas d’un site web. Et qu’on ne vienne pas nous dire que pour les artistes ou écrivains ce serait un cauchemar. Il suffit de consulter leur fiche Wikipedia pour connaitre leur vrai nom. Alors, on arrête de se cacher derrière son petit doigt.

La loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse introduisait de fait certaines limites et certains délits, comme celui de la diffamation publique. De même aujourd’hui, certaines limites nouvelles peuvent faire leur apparition. C’est une minuscule concession pour mieux protéger la vaste majorité de ceux qui souhaitent utiliser les réseaux sociaux pour partager leurs opinions, pour débattre ou tout simplement pour s’amuser, pour déconner.

Oui, pour déconner, comme Cabu, Wolinski et bien d’autres aimaient tant le faire.

Paroles, paroles…

Le gouvernement gère bien cette crise.

Lisez jusqu’au bout svp avant de penser que je suis devenu macroniste.

Le gouvernement gère bien cette crise, depuis le 12 mars.

Quelques ministres : Economie & sa Secrétaire d’Etat, Santé, Travail, Transport s’en sortent bien en dépit de quelques récentes déclarations, relents tardifs d’abus de Medef.

Depuis le 12 mars. En effet, c’est à cette date du 12 mars qu’ont été annoncées les premières interdictions de grands rassemblements, quelques jours avant l’état d’urgence sanitaire et le confinement. C’est aussi le 12 mars que le Président a rappelé la primauté de la santé « Quoi qu’il en coûte ».

Sur le plan économique, des mesures salutaires ont été mises en oeuvre très rapidement, cela va éviter une hécatombe sociale. Certes il y a eu quelques ratés au démarrage de la plate-forme « activité partielle » mais tout rentre dans le rang progressivement.

Sur le plan sanitaire, ils font ce qu’ils peuvent pour commander ou faire fabriquer des masques, des blouses, etc.

Admettons qu’à partir du 12 mars n’importe quelle équipe gouvernementale n’aurait pu faire mieux. Personne n’aurait fait pire non plus, à l’exception des hyènes du FN ou des braillards de LFI qui nous auraient entraînés dans je ne sais quel abîme.

C’est avant que nos gouvernants ont failli, méthodiquement, en trois temps.

1 : 2007-2017 : Les gouvernements Sarkozy/Fillon, Hollande/Ayrault et Hollande/Valls, sous couvert de « modernisation » ont orchestré le délabrement de l’hôpital public (5000 lits en moins chaque année, tarification à l’activité, primauté du management et de l’économie sur les soins).

En particulier lorsqu’il a été décidé de délocaliser la production des masques, aucun plan d’approvisionnement n’aurait été étudié. Macron a fait partie de tous les gouvernements Hollande, comme Secrétaire Général adjoint puis comme Ministre de l’Economie.

2 : 2017 – 2019 : Arrivé au pouvoir avec une promesse de « Révolution », le gouvernement Macron/Philippe/Buzyn ne fera rien pour redresser la situation, si ce n’est un timide plan fin 2019, à la moitié du quinquennat.

3 : Janvier-Février 2020 : Gouverner, c’est prévoir. Alors que la pandémie se profilait, aucune anticipation là encore, rien n’a été entrepris pour réparer les erreurs des gouvernements précédents. D’où la communication contradictoire au sujet des masques, inutiles tant qu’on n’en disposait pas, et bientôt obligatoires. Quelle impuissance, quelle misère, quelle honte.

Cette dernière chance de contrebalancer 12 années d’errements, ce gouvernement est passé à côté.

C’est pourquoi il est tout autant discrédité que ceux qui l’ont précédé.

Que penser du virage gaullo-keynésien du Président lors de son allocution 12 mars ? Pénitence ? Prise de conscience tardive ? Posture ?

Ce soir, 13 avril, il y aura sans doute encore de belles paroles, de remerciements, de compassion. Ce soir, nous aurons encore droit à une nième manifestation de lyrisme digne ce certains élèves de première littéraire. Ce soir, certains croiront entendre siffler la fin de ce néolibéralisme qui depuis 30 ans a miné notre économie et notre système social. Effectivement ce système a vécu puisque c’est son inverse qui est mis en œuvre partout dans le monde pour sauver les économies. Mais ce ne seront que des mots.

Sur le coup, on pourra penser un fois encore « ils reviennent à la raison, sachons-nous en féliciter plutôt que de les railler ».

Mais après quelques semaines de confinement et de réflexion, et surtout depuis que nous commençons à comprendre ce qui (ne s’est pas) passé au début de cette année 2020, mon opinion est plus radicale : le monde d’après ne saurait s’écrire avec eux.

Je ne suis pas pour autant favorable à des recours judiciaires et à des procès. Ce qu’ils vivent actuellement est exténuant, extrêmement dur sur le plan humain et vaut toutes les condamnations d’un tribunal.

Un nouvel ordre mondial est appelé à s’installer. A quand un nouveau Bretton-Woods, une OMC réformée, des banques centrales sous contrôle, des industries relocalisées dans une Union Européenne repensée ?

Ce sont les prochaines élections, en 2022 au plus tard en France, à d’autres moments ailleurs, qui devront en décider.

Il existe une alternative.

A nous d’œuvrer à la prise de conscience de sa possibilité puis à son émergence.

Le monde d’après…

Nous vivons une crise inouïe. Nous allons peut-être manquer de lits d’hôpital. Ce n’est pas le 21e siècle que nous voulions.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

En reponse aux injonctions de « modernisation » de l’Union Européenne, les Etats ont développé des PNR (Plan National de Réforme).

PNR 2011/2014 (Sarkozy/Fillon)

https://www.cnle.gouv.fr/…/11-05-20_PNR_2011-2014_version_f…

PNR 2014/2017 (Hollande/Valls)

https://www.economie.gouv.fr/…/programme-national-de-reform…

PNR 2019/2022 (Macron/Philippe)

https://www.economie.gouv.fr/programme-stabilite-programme-…

Ces programmes conditionnent les baisses des dépenses publiques.

En résultent entre autres des objectifs d’évolution de l’ONDAM (Objectif National de Dépenses d’Assurance Maladie) via le PLFSS, Projet de loi de finance (budget annuel) de la sécurité sociale.

Bref, ce sont ces mécanismes qui déterminent les moyens budgétaires alloués à l’Hôpital Public, qu’il s’agisse de lits, de matériel ou de personnel.

Tant les gouvernement Sarkozy/Fillon que Hollande/Valls ou Macron/Philippe ont appliqué les objectifs austéritaires de l’Union Européenne visant à limiter l’ONDAM.

Avec pour conséquence la réduction de 16000 lits d’hôpitaux par Valls et Hollande de 2015 à 2017, soit environ 5000 lits par an.

C’est entre autres pour cela que certains d’entre nous, dès 2014, se sont exprimés pour des politiques alternatives et sont devenus frondeurs.

Cela nous a valu quolibets, reproches, insultes.

Cela nous a valu d’être accusés d’avoir fait sombrer le PS et le quinquennat Hollande, alors que le désastre avait déjà commencé, comme l’avait montré le catastrophique résultat des élections municipales de mars 2014.

Ça ne sert à rien de faire le procès de ces acteurs du passé. Il faut seulement nous assurer qu’ils ne reviendront pas au pouvoir et qu’ils sont dorénavant définitivement à la retraite, à Barcelone ou ailleurs.

Que dire du pouvoir en place ? Ils viennent de cette mouvance neo-libérale et technocratique, qui ne connait que la macro-économie et qui n’a jamais mis les pieds dans une entreprise.

Ils vivent des moments difficiles. La gravité de la crise que nous vivons va entraîner des renoncements idéologiques violents et va les contraindre à manger leur chapeau.

Je suis d’avis de renoncer à tout procès les concernant et de leur laisser une ultime chance.

Je préférerai toutefois que les ex-socialistes frondeurs, les écologistes raisonnables et les keynésiens de tout poil s’allient pour écrire et gouverner ensemble le monde de l’après-crise. En France, Arnaud Montebourg, Les Amis d’Arnaud Montebourg, Christiane Taubira , Pierre Larrouturou, Cécile Duflot, Benoît Hamon , Vincent Peillon, Boris Vallaud , Aurélie Filippetti, Karine Berger, Mathieu Hanotin , Yannick Jadot , Nicolas Hulot… souvenez-vous des temps où vous avez agi dans ce sens, et où nous militions à vos côtés, pour des relocalisations, pour un Etat à sa juste place, pour plus de justice sociale et fiscale.

Parlez vous, écoutez vous. Oubliez les querelles de 2016/2017 et oeuvrez ensemble à l’émergence de ce monde d’après. L’Histoire vous donne raison, ne l’abandonnez pas.

A bientôt

Pour un ISF 2.0

La réforme de 2017 a supprimé l’ISF sur le patrimoine mobilier, sans contrepartie tangible en matière d’investissements dans les TPE/PME, contrairement à l’argumentation de l’époque.

Ce fut une erreur, voire une faute. Pourtant, il n’est pas envisageable de revenir à l’ISF ancienne version, pour des raisons politiques et symboliques.

Le Président et le gouvernement rechigneront à se déjuger, et tous les conservateurs vont à nouveau pousser des cris d’orfraies si l’ISF ancienne mouture fait son retour. Ne leur donnons pas cette opportunité.

Il convient donc d’imaginer une disposition nouvelle constituant une sortie par le haut pour toutes les parties prenantes.

Cet « ISF 2.0 » pourrait prendre la forme d’une contribution de solidarité des plus aisés, taxant les flux plutôt que les patrimoines, protégeant intelligemment l’outil de travail et les TPE/PME/ETI familiales.

Par exemple : une TVA majorée sur les objets de luxe, une TVA sociale, une CSG « verte » ou « de solidarité » sur les revenus financiers au delà d’un plancher donné « petit épargnant », un malus et/ou une TVS (Taxe sur les Véhicules de Société)  écologiques majorés sur les grosses cylindrées, une taxe carbone aux frontières de l’UE etc.

 

La République à l’arrêt

« les gilets jaunes sont dans la rue »  « partis politiques et syndicats ne représentent plus rien » : comment en sommes-nous arrivés là ?

« 30 ans qu’on a rien fait »… revenons seulement 12 ans en arrière.

Je n’attendais rien de Sarkozy. Je n’ai donc pas été déçu. J’ai été impressionné toutefois, par la vulgarité constante de son comportement et de ses propos, par les 600 Milliards (30% du PIB) d’accroissement de dette publique qu’il nous a laissés, par le nombre d’affaires politico-financières dans lesquelles il est encore impliqué, par le nombre de ses proches qui le sont également, qu’il s’agisse de son ancien ministre de l’intérieur, parachuté malheureux aux législatives de 2012 dans notre circonscription, ou bien encore de son ancien premier ministre, lui aussi englué dans des mises en examen.

J’attendais beaucoup de François Hollande. Sa sympathie, son affabilité légendaires ont été à la hauteur de ces attentes et ont positivement corrigé l’image présidentielle laissée par son prédécesseur. Le discours du Bourget semblait sceller la réconciliation des deux gauches. Ses toutes premières réformes (fiscalité, retraites, travail, mariage pour tous, école) ont été réussies. Mais dès 2013/2014 sont apparus des écarts grandissants avec le projet sur lequel lui et sa majorité parlementaire avaient été élu. En ont résulté dissensions internes, frondes, discrédit dans l’opinion, sanctionnés par quatre défaites électorales cinglantes, sur fond d’apathie totale au sein du Parti Socialiste, le tout étant conclu par une abdication en fin de quinquennat et un cataclysme électoral en 2017.

Lire à ce propos le magnifique livre d’Aquilino Morelle (L’Abdication, Editions Grasset 2017)  ou bien plus modestement, mon témoignage militant (Le grand gâchis)

La déception a été à la hauteur des espoirs soulevés en 2012 et de l’énergie militante dépensée avant comme après cette élection. Hollande aujourd’hui, tout à la promotion de son dernier livre, me donne une impression de déni de son propre bilan. Il n’est ni De Gaulle, ni Mitterrand, ni même Chirac. Comment peut-il espérer revenir un jour sur le devant de la scène politique ?

J’avais un certain espoir en Emmanuel Macron. Après avoir fait campagne pour Benoit Hamon en 2017, je m’étais résolu à penser que le nouveau président ferait réellement bouger les lignes. Son livre (Révolution, Editions XO 2016) exposait une analyse lucide de la situation et contenait quelques propositions intéressantes (sur le chômage, sur la réforme territoriale).

Dix-huit mois après, au tiers de son mandat, malgré quelques réformes courageuses, la déception est là encore immense.

Des cadeaux fiscaux insensés (abolition de l’ISF, abandon de l’exit tax, imposition uniforme des revenus du capital) profitent aux 1% voire au 1 pour mille des plus riches. Cela représente un manque à gagner de 5 Milliards d’Euros de recettes publiques. Et en même temps, l’hôpital public ou la justice, pour ne citer qu’eux, manquent cruellement de moyens. C’est le retour d’ascenseur au centuple des financements reçus pour sa campagne électorale, c’est le péché originel de Macron, comme l’ont été la loi TEPA pour Sarkozy ou le renoncement à la renégociation du Traité Européen pour Hollande.

Ce sont des taches indélébiles, des boulets dont il est difficile de se remettre. Sans évoquer le « parler cash » du président ou les mises en scènes faussement spontanées type « pognon de dingue ».

Tout cela occulte les améliorations de pouvoir d’achat résultant de transferts de charges : accroissement de la CSG, disparition des cotisations salariales URSSAF et Pôle Emploi, fin programmée de la Taxe d’habitation. La loi PACTE, la réforme territoriale, celle des institutions se font attendre. Le double discours sur les questions écologiques est, pour le moins, inquiétant. Les « J’assume » ou « Nous tenons le cap » n’impriment pas, exacerbent le malaise ou provoquent des haussements d’épaule.

Le parti du Président, LREM peine à se structurer et à exister localement. LR fricote avec Sens Commun. RN et LFI ne sont que des caricatures d’eux-mêmes. Le Parti Socialiste est inaudible, sous la houlette d’un premier secrétaire aussi transparent que ses deux prédécesseurs.

La République devait être en marche, elle est à l’arrêt.

Pendant tout ce temps, le monde de la finance, cet adversaire sans nom et sans visage, a régné sans partage, la planète s’est réchauffée de quelques degrés, les écarts de salaires ont été multipliés par 15, Carlos Ghosn et tant d’autres s’en sont mis plein les poches alors que le Français moyen voyait son pouvoir d’achat diminuer de 500€.

Pendant tout ce temps, n’importe quel(le) désespéré(e) ou abruti(e) muni(e) d’une perche à selfies et d’un gilet jaune peut s’autoproclamer porte-parole de la colère, prôner l’anarchie, étaler sa vulgarité et son inculture sur des chaines infos bien trop complaisantes et en mal d’audience.

Pendant tout ce temps, les extrêmes populistes prospèrent et se rejoignent, et pas seulement en Italie ou en Hongrie. Malgré leurs multiples mises en examen, ils s’allieront peut-être un jour pour prétendre faire le « bonheur des peuples », antienne favorite des dictateurs.

Subsistent du monde politique ancien quelques vestiges de droite, du centre ou de gauche, enfermés dans leur posture, soucieux de régner sur ce qu’il leur reste en guise de parti, impuissants à rassembler au-delà de leur clan et à formuler une vision enthousiasmante pour le pays.

Ceux qui en avaient le potentiel ont renoncé. Ils ont pris leur retraite ou préfèrent produire du miel, enseigner la philosophie, diriger une ONG ou une entreprise du numérique.

Comment sortir de cette crise des gilets jaunes ?

Face à des manifestations conjuguant émotions et pauvreté, seul un ensemble de symboles forts et de mesures concrètes peut préfigurer une sortie par le haut, n’obligeant personne à reculer et préservant les intérêts de chacun.

Les symboles, il peut y en avoir deux :

  • Face à l’anarchie, l’affirmation d’un soutien sans faille à une démocratie réellement participative, passant par une profonde réforme des institutions.
  • Face à ce syndrome du « président des très riches », il n’est toutefois pas envisageable de rétablir l’ISF dans sa forme ancienne. Son abolition était un engagement électoral, et son efficacité était discutée. D’où la suggestion alternative d’une CSG verte, progressive, taxant certains achats, (4×4 et autres véhicules émettant plus de 140g de CO2, billets d’avion longue distance, objets de luxe, résidences secondaires etc.), dans l’esprit de la TVA à 33% d’antan.

Les mesures concrètes, il peut également y en avoir deux :

  • A court terme, redonner sous une forme ou sous une autre 20 à 40€ par mois aux millions d’automobilistes qui de disposent que de leur véhicule pour se rendre sur leur lieu de travail. Coût approximatif 5 Milliards d’Euros, soit le manque à gagner résultant de la fin de l’ISF.
  • A moyen et long terme, engager ce vaste plan d’investissements (cf les 1000 Milliards pour le climat de Jouzel et Larrouturou ) concernant en priorité l’isolation de l’habitat et les transports terrestres (dont la conversion du parc automobile).

A suivre…

#Prélèvement à la source : le conservatisme des confédérations patronales…

Dépité par le conservatisme de @medef et de @cpme au sujet du #prélèvement à la source. Lorsqu’il s’agit de réduire les protections sociales, ils savent citer l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Danemark ou tout autre pays apportant de l’eau à leur moulin ultralibéral.

Il n’y a que trois pays dans le monde qui ne pratiquent pas la retenue à la source : Singapour, la Suisse et la France. Cette mesure était dans le programme de François Hollande en 2012 puis dans celui d’Emmanuel Macron en 2017. Par deux fois donc, elle a été approuvée par les Français.

Et là ? Silence, gémissements, cela n’empêche pas ces confédérations patronales de se lamenter. Ils se disent progressistes mais ils sont plus un obstacle au progrès qu’autre chose. En attendant le débat sur la loi PACTE…

 

Tourner la page et maintenir la pression …

Je suis choqué d’avoir vu hier les retraités défiler dans la rue. J’en serai pourtant dans quelques années mais je ne me reconnais pas dans leur discours égoïste et aigri.

Cela fait près d’un an que le nouveau pouvoir est en place. Les réformes relatives à la transparence de la vie publique, à l’école, aux universités, au travail, au chômage, à la formation professionnelle vont globalement dans le bon sens même si certains aspects en étaient à mon sens perfectibles ou auraient pu être traités différemment (voir précédents articles sur ce blog). J’attends avec intérêt celles qui porteront sur les déserts médicaux, l’hôpital public, les conditions carcérales et le mille-feuille territorial.

Le transfert de charges sociales des salaires vers la CSG a été évoqué depuis des années et faisait quasi-consensus, alors attendons quelques mois et les effets de la suppression ciblée de la taxe d’habitation pour hurler au martyr des retraités. Fillon et Sarkozy avaient fait bien pire en supprimant la demi-part fiscale des veuves et veufs, sans parler de la Lybie, de Tarnac ou de bien d’autres scandales.

La SNCF et la RATP peuvent, doivent changer (comme l’ont fait Air France ou d’autres en leur temps) à condition que les carences décennales d’investissements soient compensées et que le service public soit maintenu sur tout le territoire. Nos institutions doivent également évoluer afin que le parlement soit en mesure de jouer pleinement son rôle. Le projet de loi PACTE sur l’entreprise (prise en compte dans son objet des impacts sociaux et environnementaux, entreprises à mission, participation accrue des salariés aux conseils d’administration) augure d’avancées majeures même si leur portée initiale sera d’ordre symbolique.

Le ministre de l’économie, libéral autoproclamé et assumé, a pris la mesure des enjeux industriels européens. Qu’il s’agisse des travailleurs détachés, de la taxation des GAFA ou des distorsions de concurrence imputables au protectionnisme des Américains et des Chinois, son action se traduit par un discours quasi keynésien, par des intentions, des orientations et des actes qu’un de ses prédécesseurs à marinière n’aurait pas renié. Et enfin, évoquer la notion de régulation au niveau communautaire, dans la perspective des élections européennes de 2019, n’est plus un gros mot.

Ce gouvernement s’attaque à tous ces désordres que nous n’avons cessés de déplorer depuis 15/20 ans, sur lesquels Chirac n’a rien fait, Sarkozy n’a gesticulé qu’en en vulgarité ou en trompe l’oeil, et Hollande a gâché le mandat que nous lui avions confié.

Et en même temps, le Président et son gouvernement nous déconcertent parfois :

  • Pourquoi jouer la provocation par des déclarations à l’emporte-pièce ou en recourant à nouveau aux ordonnances en 2018 ?
  • Pourquoi ternir l’image d’hospitalité de notre nation par la manière dont est menée la réforme du droit d’asile et d’accueil de populations opprimées ?
  • Pourquoi avoir octroyé ce cadeau fiscal aux plus aisés en réformant ainsi l’ISF et la fiscalité des revenus du capital ? Il en résulte un manque à gagner de 5 MM€ par an alors que la SNCF en a besoin de 3 pour se remette à niveau. Le prétexte en était de faciliter l’investissement dans les PME, louable intention. Il suffisait pour cela de relever le plafond de l’ISF/PME et de rationaliser certaines aides, ou bien de s’attaquer courageusement la grande réforme fiscale inspirée par Thomas Piketty et promise par François Hollande.

Dans le même temps, les oppositions populistes rivalisent d’outrance et de démagogie, et les modérées tentent péniblement d’exister en contestant plus ou moins mollement des mesures qu’ils avaient promises, qu’ils auraient pu mettre en œuvre ou soutenir ces dix dernières années. Ceux-là doivent admettre qu’ils ont perdu la partie, tel le PSG ou le XV de France versions 2018.

Que vient faire un Wauquiez à la tête du parti gaulliste ? Comment les « constructifs » du centre-droit peuvent-ils exister ? Que peut faire un Olivier Faure, pro-Macron en 2017, à la tête d’un Parti Socialiste crépusculaire, coincé sur sa droite comme sur sa gauche ? Comment Benoit Hamon et son mouvement Génération.s peuvent ils contribuer utilement, autrement que par une réponse utopique au souvenir nostalgique d’une époque révolue ?

Il m’attriste d’écrire ces lignes, pour avoir côtoyé dans un passé récent certains d’entre eux, que je respecte et admire profondément, et dont je regrette que le destin ne leur ait pas été plus favorable. Ce changement de vie sera difficile et je compatis au deuil qu’ils vont devoir surmonter. Il est temps pour eux de tourner la page, de renoncer à leur existence médiatique, d’aller ou de revenir travailler dans la société civile, tout en maintenant s’ils le désirent leurs engagements associatifs et locaux, et de laisser la place aux jeunes générations, en vue d’un jour, inéluctable, où la roue aura tourné et où celles-ci pourront à nouveau prétendre au pouvoir.

A mon modeste niveau de patron de TPE, je veux bien en embaucher un ou deux et porter gracieusement assistance à d’autres dans leur reconversion.

Surdose d’ordonnances, accueil des migrants, affaiblissement de l’ISF : 3 boulets irritants dont le pouvoir Macron aurait pu se dispenser, et qui ternissent son premier bilan. Attendons quelques semaines, maintenons une pression calme et déterminée, gardons l’espoir qu’il saura rectifier la trajectoire.

Et prenons soin des anciens camarades.

2012-2017 : Le grand gâchis

Ce livre est une narration du quinquennat de François Hollande, tel que vécu par un militant socialiste, issu de la société civile et devenu élu local. Cinq années, quinze en comptant celles qui ont précédé 2012, de soutien, de réflexion, d’actions, de déceptions, de frustrations, et de quelques satisfactions.

Citoyen de base devenu militant puis élu local, j’ai consacré, comme tous mes camarades, un temps et une énergie considérables à assister à de nombreuses réunions, à écrire des multiples contributions et à faire campagne sur le terrain, en soutien d’un projet qui avait porté François Hollande, le Parti Socialiste et la gauche aux responsabilités en 2012. En retour de ces soirées et de ces week-end pris sur le temps familial et sur les loisirs, nous étions en droit d’attendre que le pouvoir en place applique le projet pour lequel il avait été élu ou qu’il explique les raisons pour lesquelles il s’en écartait. Il n’en a rien été, ou très peu. Aussi m’a-t-il paru légitime de mettre en forme et de partager ce que j’ai pu modestement constater et comprendre de l’action gouvernementale ces cinq dernières années.

A aucun moment durant ces six dernières années je n’ai regretté mes choix : ni celui d’avoir fait campagne pour Arnaud Montebourg lors des primaires de 2011 puis lors de celles de 2017, ni d’avoir soutenu François Hollande et d’avoir voté pour lui en 2012. Je n’ai pas non plus regretté ni d’être resté fidèle à mes convictions et aux propositions sur lesquelles François Hollande l’avait emporté, ni d’avoir fait campagne pour Benoit Hamon. Je n’aurai pas à regretter non plus d’avoir opté pour la démocratie le 7 mai dernier en votant pour Emmanuel Macron…

 

Disponible en version brochée sur papier (116 pages – 10€ ) :  

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Dimanche prochain, #QuelquesPas…

Conseiller municipal de Boulogne-Billancourt, j’ai l’honneur de faire partie des grands électeurs qui voteront dimanche 24 septembre lors des élections sénatoriales. J’ai quitté le Parti Socialiste en juin dernier et ai depuis repris toute liberté de vote.

Je n’en reste pas moins fidèle aux valeurs de justice sociale et d’émancipation humaine sur lesquelles j’ai depuis toujours fondé mes engagements. Chef d’entreprise, j’accepte les principes d’une concurrence réellement libre, non faussée, régulée, et je revendique une certaine liberté sans pour autant défendre ni le libéralisme échevelé ni le laisser-faire économique.

Comme en 2012, le début de ce quinquennat est émaillé de réformes volontaristes, mais aussi de couacs, d’atermoiements et de traces d’amateurisme amplement relayés par les media.

J’observe attentivement les actions engagées depuis juin dernier par le Président et le nouveau gouvernement. Dans l’ensemble l’analyse de la situation et des facteurs de blocages de notre société est pertinente. Toutefois, quelques postures inquiétantes et quelques orientations idéologiques exigent une attention et un recadrage immédiats.

 

1 – Certaines déclarations du Président

Ses dernières sorties sur « les feignants » pour n’en citer qu’une, sont inutiles et contre-productives. Elles nuisent non seulement à sa popularité mais surtout à la crédibilité à l’efficacité des actions entreprises. Qui plus est, ces déclarations sont émises lors de voyages officiels à l’étranger. Autant j’ai approuvé le discours prononcé en Pologne sur l’Europe et les travailleurs détachés, autant j’ai désapprouvé celles sur les réformes. Le Président le sait pour avoir été dans le système et à Bercy suffisamment longtemps : ce sont certains hauts-fonctionnaires, lobbies et syndicats qui constituent des obstacles aux réformes, pas « le peuple ». Ce genre de déclaration doit cesser.

 

2 – Les premières réformes  : « moralisation de la vie publique » et « travail – dialogue social »

Sur la moralisation : l’interdiction d’employer un proche est une mauvaise réponse à un vrai problème. Le problème étant le caractère fictif des emplois, et non leur côté familial.

Sur la loi travail : Dans l’ensemble, le contenu des ordonnances est de nature faciliter la vie des entrepreneurs, en particulier en TPE/PME, plus qu’elle ne va faciliter l’embauche. La création d’emploi n’est pas liée à une prétendue facilité à licencier. Elle est avant tout dépendante du carnet de commande et de la capacité à trouver les bonnes compétences. La prééminence qui semble demeurer pour les branches va dans le bon sens, en revanche la barémisation des dommages et intérêts pour licenciement abusif est une mesure largement idéologique, qui absout et encourage une absence de management réel des salariés.

 

3 – Les dotations aux collectivités territoriales et les contrats aidés

Des mesures ont été prises brutalement et provoquent un tollé au sein des collectivités locales. A l’approche des élections sénatoriales on aurait pu être plus subtil. La baisse des dotations fournit du petit lait aux maires clientélistes qui ne manquent pas une occasion de fustiger ces baisses, tout en se lamentant dans les media de la trop forte part des dépenses publiques dans le PIB. La posture trop libérale de Bercy doit être rééquilibrée au profit d’un renfort de l’Etat stratège et d’un soutien aux investissements productifs, en commençant par un recours massif à la commande publique pour soutenir l’innovation et le « Produire en France » ainsi que l’activité des TPE/PME locales.

 

4 – La tenue du groupe parlementaire

Les media se sont repus durant juillet des atermoiements ou des flottements affichés par certains députés nouvellement élus et laissés à leur sort par un président de groupe étrangement absent. Tout cela est dorénavant passé et n’est pas si grave à condition que ces dérives soient rapidement recadrées. En revanche, députés tabasseurs, grandes gueules, filous ou magouilleurs n’ont rien à faire au parlement et des dispositions doivent être prises pour les en écarter rapidement, même si ce n’est pas juridiquement aisé.

 

Il me parait toutefois essentiel, pour le bien de notre pays et de ses habitants, que le social-libéral soit autant social que libéral, que les réformes engagées le soient de façon concertée, raisonnée, et en fin de compte aboutissent. La meilleure façon d’y parvenir après trente ou quarante ans de crise pourrait être de donner les moyens à cette majorité, ce gouvernement et ce Président de réussir. Laissons-leur cette chance, au moins pour quelque temps.

André Gattolin, sénateur sortant, est un homme compétent, intègre et sincèrement de gauche. Parmi ses colistiers et ses soutiens figurent des élus socialistes unanimement reconnus et appréciés. Des engagements clairs sur de nécessaires réformes (statut de l’élu local, simplification du « millefeuille administratif »), une volonté de soutien au développement des PME ainsi qu’à Economie Sociale et Solidaire animent cette liste aux origines politiques diverses.

Au-delà de la réforme, discutable, de l’ISF, des choix seront arrêtés lors du projet de loi de finances 2018 et des réformes sont annoncées pour le printemps prochain en complément de la Loi Travail. Ces mesures seront déterminantes pour l’avenir de notre économie productive et devront moderniser notre modèle social sans l’abîmer.

Aussi, après mûre réflexion, malgré les réserves exprimées plus haut, et sans pour autant me mettre « En Marche », je voterai Dimanche prochain pour la liste menée par André Gattolin . Ce vote est un encouragement aux transformations de la vie économique, sociale et politique de notre pays, et en même temps, il est un appel à ce que ces réformes soient réfléchies, concertées, mesurées, et à ce que les erreurs récentes du début de ce quinquennat ne se reproduisent pas.

J’ai toute confiance en la capacité d’André Gattolin et de ses colistiers à contribuer à ces changements et à leur régulation dans le respect de nos valeurs communes.

#LoiTravail : halte aux postures, place à la réflexion !

Le Président nouvellement élu avait annoncé durant sa campagne électorale qu’il réaliserait la réforme du droit du travail en procédant par ordonnances.

Certains au Parti Socialiste, que j’ai quitté en juin dernier pour en avoir été considéré comme démissionnaire, s’opposent aujourd’hui en bloc à cette réforme, sur le fond comme sur la méthode employée.

Cela appelle plusieurs commentaires.

Le recours aux ordonnances.

Nous avons passé une bonne moitié du quinquennat Hollande à nous plaindre du fait que le Président, sa majorité et ses gouvernements successifs s’éloignaient du programme sur lequel ils avaient été élus. Nous sommes devenus frondeurs et sommes depuis accusés des pires maux, dont celui de la responsabilité des défaites du printemps dernier. D’une façon générale, nous ne perdons pas une occasion de fustiger « les politiques » qui tournent le dos à leurs promesses.

En 1981/82 lorsque François Mitterrand et Pierre Mauroy ont mis en place, par ordonnances, les 39 heures, la 5° semaine de congés payés, la retraite à 60 ans, le remboursement de l’IVG et quelques autres des 110 promesses, je n’ai pas souvenir que nous ayons protesté ou hurlé au déni de démocratie.

On a reproché au Président sortant de n’avoir pas appliqué ses promesses, on ne peut en vouloir au nouveau de chercher à mettre en œuvre les siennes rapidement.

Le fond de la réforme.

Certains points de cette réforme sont négatifs et discutables : la barémisation des dommages et intérêts pour licenciement abusif, mesure idéologique et démagogique, en est l’exemple le plus emblématique. Je m’en suis déjà expliqué ici .

Les inquiétudes que nous pouvions ressentir sur l’inversion de la hiérarchie des normes pourraient s’estomper. Certaines conventions collectives sont assez rigides aussi, vu du patron d’une TPE de 10 personnes que je suis, pouvoir organiser entre nous le temps de travail, les temps partiels ou autres n’est pas forcément une mauvaise chose. Attendons d’en savoir plus sur les décrets d’application pour nous prononcer.

Un autre point mobilise les manifestants : la fusion du CE (Comité d’Entreprise), du CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail) et des DP (Délégués du Personnel) en une instance unique (Conseil Social et Economique). Euh…, chers camarades, en 2015, la loi Rebsamen sur le dialogue social a autorisé cette fusion en une seule « Délégation Unique du Personnel » dans les entreprises de moins de 300 salariés, et cela n’a ému personne. Cette même année puis de nouveau en 2016, la Commission Nationale Entreprise et son groupe TPE/PME dont j’étais le secrétaire, a publié deux séries de propositions visant à généraliser cette disposition, le tout étant approuvé en Secrétariat National. A ces réunions étaient présents certains, dont je tairai les noms par charité, à l’époque pro-Valls, pro-ElKhomri voire pro-Macron, et qui aujourd’hui se répandent en trémolos dans les media sur la disparition du CHSCT.

Halte aux postures de circonstance !

Cette séquence électorale laisse le PS dans un état comparable à Saint-Martin au lendemain du cyclone Irma. Je compatis avec le désarroi de mes ex-camarades de parti qui doivent retrouver une raison d’exister et ne peuvent qu’adopter une posture contradictoire avec celle affichée il y a encore quelques mois. Mais ce n’est pas ainsi, en faisant du sous-Mélenchon, que vous y parviendrez.

Prenez le temps de la réflexion, venez visiter des entreprises, leurs salariés, leurs cadres et leurs patrons, mettons la pression sur le MEDEF et la CPME pour que leurs adhérents embauchent maintenant que les « freins sont levés », mettons la pression sur le gouvernement pour moins d’austérité et plus de relance par l’investissement productif. Et nous reparlerons de tout cela.