Archives de l’auteur : Vincent Guibert

Chronique de la rupture #82 – Octobre 2011 : Le temps des perroquets primaires

République exemplaire

Jean-Louis Borloo se dégonfle et annonce qu'il ne sera pas candidat à la présidentielle. Décision personnelle et murement réfléchie, prise sans qu'aucune pression n'ait été exercée sur lui. Désespoir de Rama Yade, Dominique Paillé ou Yves Jégo qui voyaient en sa candidature une belle occasion de se venger d'humiliations passées. Un souffle d'espoir envahit le pays : serait-ce l'heure d'Hervé Morin ?

A Lille, ce sont des responsables de la police locale, ainsi que des chefs d'entreprise voire des politiciens, qui sont mis en cause dans une sordide histoire de proxénétisme.

Soucieux de l'intérêt Général, le premier ministre annonce qu'il laissera son siège de député sarthois à un nouvel arrivant. Effectivement, il veut se faire parachuter à Paris en vue des municipales de 2014, et dispute à Rachid Dati « sa » circonscription du VII° arrondissement, où l'on sait que la bataille sera âpre. Dépitée putative tant appâtée par la députation, Rachida rue dans les brancards et balance à tout vat sur France Info. Ambiance.

Putéolienne : rien à voir avec une péripatéticienne  qui brasserait du vent pour produire de l'électricité. C'est tout simplement ainsi que l'on nomme les habitantes de Puteaux (Hauts-de-Seine) et donc la première d'entre elles, Madame La Maire, issue d'une longue lignée d'élus, ex-suppléante du conseiller général Sarkozy. Cette brave dame a fait une bonne action pour le presse écrite, en faisant acheter le 19 octobre tous les exemplaires du Canard enchaîné en vente dans sa commune. Il convient de préciser que « le Volatile » l'y mettait en cause pour une sombre affaire de millions planqués en suisse.

Ecoute de journalistes : Le directeur général de la police nationale est entendu par une juge d’instruction mais ans être mis en examen.

Primaires Citoyennes du PS et du PRG 

Trois millions de personnes se déplacent pour aller choisir le futur candidat du PS, mais Sarkozy et son entourage affichent un mépris confondant. Il déclare à qui veut l'entendre que « La Ve République ne peut être l’otage des partis «  ou bien encore que « Les socialistes s’occupent des socialistes, nous devons nous occuper de l’ensemble des Français ».

Quelques ministres se hasardent à confier que ces primaires ne sont pas une mauvaise chose pour la démocratie, voire qu'elles sont un « processus moderne » ou encore « un succès ». Ils savent qu'en cas de primaire interne à l'UMP, le sortant serait sorti et que leurs chances seraient grandes d'être investis. Mais, faute de primaire à droite, de nombreux déçus du Sarkozysme viennent s'exprimer ces deux dimanches d'octobre, et pour la première fois de leur vie vont voter socialiste. En nous disant bien que ce n'est sans doute pas la dernière. Rendez-vous en Avril  et Mai prochain.

Au lendemain du premier tour des primaires, les perroquets de l'UMP sont pris « le bec dans la mangeoire aux éléments de langage ». En effet, le journal « Le monde » s'est procuré l'argumentaire distribué la veille du premier tour aux cadres de l'UMP, qui se répandent dès le Dimanche soir sur les plateaux TV pour « commenter » les résultants. Cruel, Jean-François Khan  pousse en direct sur France2 le papier sous les yeux d'une Nadine Morano médusée, qui en reste coite pendant quelques secondes. Faire taire Morano, même quelques secondes, quel exploit. Une suggestion à nos amis journalistes : la prochaine fois, diffusez les argumentaires avant les émissions TV, et organisons le premier karaoké politique géant !

Le mardi, en mal de temps d'antenne, l'UMP organise à la va-vite une convention consacrée du projet du PS. La Chaine Parlementaire retransmet en toute confidentialité cette pitoyable pantomime à laquelle participent rien moins que 16 ministres en service commandé, défilant au pupitre pour y ânonner chiffres et commentaire.

Deux coups de barre bien à droite pour tenter de sauver le qui peut l'être :

L'éducation Nationale annonce la mise en place d'une évaluation des élèves dès l'âge de 5 ans en vue d'identifier les sujets « à risque »

Un décret va permettre l'augmentation de 20% des épandages d'azote, pour le plus grand bonheur des agriculteurs? et des algues vertes.

Les chiffres qui font mal 

Sous couvert de RGPP (Révision Générale de Politiques Publiques), qui se traduit par le non-remplacement d'un fonctionnaire partant sur deux, l’Etat a supprimé depuis 2007 120 000 postes de fonctionnaires mais, du fait de surcoûts résultant de l'emploi d'intérimaires ou de vacataires externes, la masse salariale a augmenté d' 1% par an. Bande de clowns.

Le chômage s'est accru en septembre de 0,9%, les jeunes et les seniors étant particulièrement touchés. Fin observateur, le Ministre du travail (« et du chômage » ajoutait toujours à l'Assemblée le regretté Patrick Roy) impute cette hausse à un « ralentissement de l'activité ».

Toujours prêt à gratter quelques centaines millions ici et là pour c
ompenser les 75 Milliards d'euros de cadeaux fiscaux consentis depuis 2007, le gouvernement déborde d'imagination.

Doublement de la taxe sur les boissons sucrées et édulcorées, tentative de réduction de 6% des indemnités maladies etc.  Il reste heureusement quelques députés UMP suffisamment dignes, ou désespérés, pour s'opposer à quelques-unes de ces mesures.

Zorro est arrivé? à faire un flop

Alors qu'un de des ex-amis finit piteusement sa vie à la sortie d'une canalisation d'égout libyen, et pendant que Madame donne naissance à son quatrième rejeton, notre Président est très affairé à sauver l'Euro. Visites éclair à Mâme Merckel, coups de gueule envers Cameron, sourires compassionnels à Papandreou, c'est une nouvelle page d'histoire qui s'écrit sous nos yeux. Mais ses propositions à la chancelière allemande ont fait un flop, et l'agence de notation Moody's menace la France de perdre son AAA.

Un ex- toujours fringant

Lors d'un entretien accordé à RTL, l'ex-Président Valéry Giscard d'Estaing estime qu'on exagère la gravité de la crise. « Nous avons une monnaie unique. Aujourd’hui qu’est-ce qu’elle fait ? Elle monte. Elle n’est pas en crise. Donc, dans toute cette affaire, je suis frappé par le fait qu’elle est traitée dans l’agitation et avec un niveau de compétence relativement faible ».

 

Chuivez chon regâââârd… Plop !

 

Face à la crise

Le peuple est inquiet, le Président va lui parler.

En toute spontanéité donc, l'émission  « Face à la Crise » est donc programmée, retransmise à la fois sur TF1 et sur France2, le représentant de la chaîne privée est toujours le même, alors qu'un nouveau laquais, qui fut pourtant un interviewer de talent, a remplacé l'ancien sur le service public.

« Face à la crise », Mais quelle crise finalement ? la crise économique et financière, ultime avatar du régime néo-libéral que Sarkozy voulait importer en France, ou bien crise du Sarkozysme, miné par la baisse du pouvoir d'achat, la dégradation des service publics, le non-recul de l'insécurité et les affaires politico-financières ?

Dénis, réponse à des questions par d'autres questions, attaque obsessionnelle des 35heures, des fonctionnaires ou de l'assistanat, doigts entrecroisés crispés au point que les articulations en sont blanchies lorsque l'on évoque l'affaire Karachi, on assiste à un discours qui se veut pédagogique et rassurant, mais qui ne surprend ni ne convainc quasiment plus personne.

Paraphrasant je ne sais plus qui, et il voudra bien me le pardonner, j'écrirai volontiers que « Tant qu'il lui restera un lecteur militant UMP, le Figaro tentera de lui faire croire que Sarkozy fut un grand président ».


Plus que 6 chroniques avant le changement, mais restons vigilants.

risque reelection sarko

 

Chronique de la rupture #40

* pour que ne rien ne soit oublié dans les mois qui viennent, nous republions régulièrement les premières chroniques, 3 ans après, telles qu’elles furent écrites depuis mai 2007 *

En route donc pour le merveilleux pays de la Sarkozye triomphante, où classe, exemplarité et efficacité se conjuguent au service du « Tout possible ».

 

Petits cafouillages entre amis

Pendant la crise, le cynisme et l’amateurisme continuent :

  • La mère Boutin tente de modifier la loi SRU en proposant de comptabiliser l’accession sociale à la propriété dans les 20% de logements sociaux : désavouée par la majorité et l’opposition au sénat.
  • Les députés tentent de faire passer une taxe écologique de 0,15? sur les sacs plastiques dans les supermarchés. Le ministre Borloo est obligé de rappeler que ça ne figure pas dans le Grenelle de l’environnement.
  • Des députées UMP votent en douce, lors d’une réunion de la commission sociale, la suppression de la prime transport ; Le Premier Ministre est obligé de les rappeler à l’ordre.

Grands discours et petits effets

Entre deux voyages, le Président-de-l-Europe-intronisé-Roi-du-Monde-par-une-presse-béate-et-inféodée se fend d’un discours économique dans une usine d’Annecy. Comme toujours dans ces cas là, grandes envolées lyriques, keynésianisme de bon aloi, il cite Alstom où il est intervenu en tant que ministre des finances en 2004/2005.

Mesure phare : Exonération de taxe professionnelle sur les nouveaux investissements « à partir de ce jour et jusqu’au premier janvier 2010 ». Frissonnement dans l’assistance medefisée.

A y regarder de plus près, qu’est-ce que cela signifie ?

1/ Seuls les investissements matériels (machines outils, ordinateurs, bâtiments) comptent. Pour les sociétés de service quelles qu’elles soient, qui investissent dans le capital humain en recrutement, formation, accompagnement de leur personnel : rien, si ce n’est epsilon lié à l’achat de quelques ordinateurs portables. Pour une PME se services de 50 personnes, cela représente quelques centaines d’euros par an, tout au plus un ou deux milliers ! La belle affaire.

2/ Les conséquences de cette exonération ne se manifesteront à plein régime qu’à partir de 2011. Combien de PME se seront effondrées d’ici là ?

3/ Ce sont les collectivités territoriales, destinatrices de la taxe pro, qui vont souffrir du manque à gagner correspondant.

C’est donc de la poudre aux yeux.

Autre mesure à la limite du ridicule de la Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le B?uf : des fonds souverains qui fleurent bon le patriotisme ringard.

Mais sur les vrais facteurs de régulation, sur les niches fiscales, sur l’imposition des parachutes dorés, sur les stock-options, sur le bouclier fiscal, sur la modulation de L’Impôt sur les sociétés, sur des allègements de charges à court terme qui permettraient de soutenir réellement l’emploi et de créer rapidement une croissance durable : rien.

Rendez-vous sur ce blog le 30 octobre pour des premières propostions.

En réunion avec Montebourg

Un témoignage d’une blogueuse militante :

  « Blogexperience » http://monblogessai.wordpress.com/

Assemblée nationale – 126, rue de l’Université

 

Je vais encore vous parler politique : samedi, j'ai franchi le pas !

De spectatrice plus ou moins active dans l'expression de mon opinion, je suis devenue participante. Un premier pas modeste, mais un pas en avant tout de même : je suis allée à une réunion des « parrains, mandataires et coordinateurs » de la campagne de Montebourg. A l'Assemblée nationale, s'il vous plaît.

Le coordinateur départemental (auprès duquel j'avais pris l'initiative de me signaler) m'avait informée de cette réunion. Comme il ne pouvait pas y assister, et que nous manquons de partisans actifs dans le département, il n'était pas incongru qu'une novice comme moi s'y rende.

Retour sur cette expérience dans les coulisses d'une réunion qui montre Arnaud Montebourg au travail, loin de son image médiatique.

 

? Mrs See Mee à l'Assemblée

Quelques choses à savoir sur l'observatrice ! Que vous compreniez « d'où je parle »?

Même si ma culture politique est relativement faible, j'apprécie le débat d'idées et m'intéresse à l'actualité? pour peu qu'elle traite des questions de fond plutôt que des tactiques d'appareils. Femme de conviction, je suis néanmoins trop respectueuse des opinions des autres pour ne pas relativiser les miennes. Je m'intéresse à tous les courants qui promeuvent l'intérêt général, la solidarité et la citoyenneté.

J'ai toujours voté (avec plus ou moins d'enthousiasme) pour les candidats du PS? avec une exception notable le 21 avril 2002, hélas. Incapable de trancher entre une vision optimiste et humaniste de la construction européenne et le refus d'un traité privilégiant les intérêts économiques au détriment du reste, j'ai voté blanc au référendum de 2005. Toujours prompte à m'exprimer et capable de me mobiliser sur des actions d'intérêt général, je n'ai pourtant rien d'une militante et percevrait comme une limitation de ma liberté le fait de m'encarter.

Bref, je crois que je correspond bien au profil-type de l'électeur de Montebourg? les « contestataires » les plus virulents mis à part, qui eux ne voteront pas PS au premier tour de la présidentielle. D'ailleurs, s'il n'y avait pas le risque de voir se reproduire un dangereux éparpillement des voix, qui sait si la mienne irait à Hollande ?

Comme je l'expliquais dans un précédent billet, c'est avec conviction que j'ai voté Montebourg. J'allais donc le retrouver parmi ses soutiens à l'Assemblée nationale avec plaisir? mais sans trop savoir à quoi m'attendre.

Je débarquais en terre totalement inconnue, sans appréhension, mais avec circonspection. Si les ors de la République ont quelque chose d'impressionnant, je me sentis rapidement à mon aise parmi la cinquantaine de participants*. Des individus de tous âges, mais pas mal de jeunes, voire de très jeunes. Même si la parité n'était pas parfaitement respectée, une proportion respectable de femmes. Un brassage social et « ethnique » visible. Peu de grosses personnalités politiques, mais pas mal de militants PS chevronnés. Une équipe de campagne qui ne cherchait pas à se mettre sur le devant de la scène.

J'ai écouté, j'ai pris des notes, j'ai filmé quelques extraits pour rendre compte au mandataire de mon département. Mais surtout, j'ai apprécié.

? Montebourg en réunion de travail

On sait que pour se hisser sur le devant de la scène, il faut avoir un sacré tempérament et une haute idée de sa personne? reproche récurrent fait à Montebourg. J'ai dans mon travail croisé pas mal de personnages politiques (jusqu'à des ministres) de tous bords. L'image qu'ils donnent d'eux-mêmes en représentation est parfois assez éloignée de ce que l'on peut ressentir lors d'un contact plus proche. J'avais déjà constaté l'écart entre les attitudes empruntées de Montebourg sur les plateaux de télé et un engagement plus naturel lors de ses meetings. Lors de cette réunion, ce fut encore plus flagrant. J'ai observé un homme très simple et pédagogique dans son expression, et très concentré dans l'écoute (il n'a pas monopolisé la parole, bien au contraire). Là, parmi les siens, il était posé, décontracté, sans afféteries.

Il a commencé par analyser sans ambages ce qui s'était joué pour lui dans l'entre-deux tours, reformulant l'explication qu'il avait déjà publiée sur son blog : promoteur de la primaire citoyenne, c'était selon lui de sa responsabilité de se prononcer pour l'un ou pour l'autre des finalistes. A fortiori après que ceux-ci aient pris la peine de répondre (voir la réponse de Hollande et celle de Aubry) à sa lettre, en s'engageant sur une partie de ses propositions. « Je ne pouvais pas m'en laver les mains», a-t-il justifié**. Il n'a mis aucune emphase quand il a dit avoir, en connaissance de cause, accepté une certaine « destruction d'image personnelle, dans l'optique de préserver un intérêt collectif» : pousser les finalistes à « aller chercher [ses] électeurs sur les sujets de fond, en enrichissant leur offre».

[Petite digression sur la relation paradoxale que nous entretenons avec les hommes et femmes politiques…] Nous leur reprochons leur ambition et leur approche stratégique, quand c'est pourtant le seul moyen de porter leurs idées au c?ur du débat public. Nous passons notre temps à supputer des tactiques et des accords en coulisse, mais nous ne parvenons pas à nous dépouiller de notre méfiance quand ils tentent de jouer cartes sur table (par exemple en « contractualisant » publiquement avec les « impétrants »). Certes, ne soyons pas naïfs ! Mais ne passons pas non plus à côté d'une tentative pour clarifier les règles du jeu. Encourageons-là, au contraire, sinon, comment cela pourra-t-il changer ? [/Fin de la digression].

? Faire de la politique autrement

Les représentants présents ont pu assez longuement faire part de leurs ressentis et analyses. Il ont bien sûr parlé du soutien à la campagne du candidat victorieux de la primaire, des thématiques qu'ils avaient envie de faire exister au sein du projet socialiste, du travail à réaliser pour dépasser la (nécessaire mais réductrice) simplification médiatique au sujet de la démondialisation.

Mais je me suis sentie plus particulièrement concernée quand ils ont pris le temps de relater leur expérience vis-à-vis des électeurs dans mon genre. Il a été question des aspirations pour une politique qui ne soit pas ramenée à des bagarres pour le pouvoir. D'un potentiel d'engagement à des degrés divers, qui ne soit pas entravé par la lourdeur des logiques d'appareil et une instrumentalisation des militants de base. De la manifestation d'une conscience politique sincère et volontaire, mais qui n'est pas toujours prête à s'exprimer au sein des partis, avec tous les obstacles que ceux-ci mettent sur le chemin de l'adhésion. De chercher à convaincre différents acteurs politiques, « tout en les respectant dans leurs choix». Et si possible, de contribuer à « faire surgir une nouvelle génération politique», qui propose des solutions en cohérence avec « les exigences populaires».

J'ai pu prendre la parole et apporter mon témoignage, à la fois comme « cobaye » de ces nouvelles formes d'engagement à construire, mais aussi, sans atténuer mon propos, sur les réactions observées sur le web concernant « le candidat Montebourg ». Incapable à ce stade de rentrer dans le moule, je n'ai pas joué du « Arnaud » et du « tu » comme tous ceux qui étaient présents (et l'ont accompagné en politique depuis longtemps pour certains) et j'ai préféré m'adresser aux gens de la salle plutôt qu'à leur chef de file. Malgré l'intimité de l'ambiance, il restait pour moi le mec que j'ai vu à la télé et que j'aimerais voir accéder à de hautes fonctions « s'il y a des échéances qui sont à un moment à portée de main».

? On ne va pas s'arrêter en si bon chemin

Montebourg et son staff ont proposé des dispositions pour l'avenir, en adéquation avec les remontées dont je viens de faire part. Bien que « Arnaud » (je vais finir par m'y mettre, ne serait-ce que pour limiter les répétitions !) ait insisté sur la liberté laissée aux militants de s'en saisir, d'être « chacun messager à sa manière»? je ne me sens pas encore assez légitime aujourd'hui pour les livrer en détail, en particulier en-dehors d'un travail de terrain. Vous aurez compris la ligne directrice, il s'agit de « défendre des idées et les diffuser dans la société, dans les partis politiques», sans présenter de candidats, mais en prenant des positions sur lesquelles interpeler ceux en lice, notamment aux législatives. Des outils*** ont été définis pour soutenir ce mouvement politique « dans et hors du PS», qui « doit pouvoir faire vivre par les actes l'esprit de la sixième république.»

Bien e
ntendu ce n'est pas la première fois que cela est tenté? sous d'autres formes, dans d'autres contextes. Je présume qu'ils ont analysé les failles d'une telle démarche. Peut-être aussi se disent-ils que c'est le bon moment, qu'ils sont en mesure de répondre à ces aspirations citoyennes qu'ils ont identifiées. Sans doute sont-ils convaincus que leur manière de procéder fera la différence. Cette réunion à laquelle j'ai participé le donne à penser : lucidité, dialogue, ouverture d'esprit étaient au rendez-vous.

Montebourg me semble vouloir entretenir cette dynamique pour de bonnes raisons. J'espère qu'il aura l'occasion de faire ses preuves au sein d'un gouvernement. J'espère aussi qu'il y aura toujours autour de lui des personnes pour lui parler vrai, pour maintenir le lien avec les préoccupations de la population.

En ce qui me concerne, je pense que réconcilier les français avec la politique est une priorité (voir mon billet sur Agoravox à ce sujet). Qu'instaurer un véritable dialogue constructif au sein de la nation est la clé pour affronter et résoudre nos problèmes. Je suis prête à y participer, à mon niveau, sur le web et près de chez moi. Et vous ?

* Un grand merci à tous les participants pour leur accueil, et tout particulièrement ceux qui m'ont emmenée au repas puis à la convention d'investiture !
** Les mots entre guillemets et en italique sont de Montebourg.

*** Edit : Arnaud Montebourg en dit plus dans un entretien accordé auJournal de Saône et Loire du mardi 25 octobre.

J’approuve Ce Message : Arnaud Montebourg : "Je Voterai Pour Hollande".

Chers amis,

 

Vous avez certainement vu la dépêche ou lu lemonde.fr Arnaud Montebourg : « Je voterai pour Hollande ».

 

Arnaud y indique les raisons de son choix et ne donne pas de consigne de vote. Il ne nous revient donc pas d’en donner.

 

Chacun est libre de son choix Dimanche prochain, libre également de le communiquer ou non. En ce qui me concerne sachez que je voterai Hollande, décision que j’avais prise dans la semaine et communiquée sur twitter ainsi qu’en réunion de section hier soir, au cas où la question du suivisme serait posée.

 

Le seul point sur lequel je me permets d’attirer votre attention est celui d’une absention ou d’un vote blanc/nul qui se voudrait significatif. A mon avis il sera exploité par l’UMP et par ses perroquets comme un vote de défiance envers le/la futur(e) candidat(e), comme un signe de fracture du PS ou des soutiens d’Arnaud, et de ce fait nous renforcera en rien.

 

Il importe que nous soyons nombreux à voter Dimanche, quel que soit « l’impétrant » choisi, pour enforcer le message de détermination donné lors du premier tour, pour continuer à sonner le glas du sarkozysme, et redonner espoir à tous nos concitoyens.

 

Les rêves passent mais se renouvellent, les idées grandissent et s’affirment, nos combats continuent sans relâche.

 

Amitiés

Vincent

DIDR Des Ideées et des Rêves

92 Hauts-de-Seine

Chroniques de la (rupture #39) récession #1

* pour que ne rien ne soit oublié dans les mois qui viennent, nous republions régulièrement les premières chroniques, 3 ans après, telles qu’elles furent écrites depuis mai 2007 *

En route donc pour le merveilleux pays de la Sarkozye triomphante, où classe, exemplarité et efficacité se conjuguent au service du « Tout possible ».

 

Chroniques de la rupture #39 récession #1


Ce devait être la rupture : « Le Président du pouvoir d'achat », «  Une France de Propriétaires », « Travailler plus pour gagner plus », « J'irai chercher la croissance avec les dents ».

 

17 mois plus tard?

 

  • « Le Président du pouvoir d'achat », : Retour de l'inflation, chute de la consommation et pouvoir d'achat en berne
  • «  Une France de Propriétaires » : faillites bancaires, resserement du crédit et crise de l'immobilier
  • « Travailler plus pour gagner plus » :  40000 chômeurs de plus en août
  • « J'irai chercher la croissance avec les dents » : Troisième trimestre consécutif de décroissance, et non de « croissance négative » ou de « récession technique » comme l'a dit le clown du jour.

Ça s'appelle la récession, d'où ce malvenu changement du titre de ces chroniques.


Sarko et sa bande se sont plantés, de A à Z. Il se croit Zorro, il n’est que Zéro. Alors sortons-les, vite, sans tarder.

 

Ils ne peuvent décemment plus incriminer les 35 heures et le gouvernement Jospin (6 ans déjà?). Du coup ils prônent l'union nationale, bon prétexte pour « titriser » à leur manière leurs erreurs et leurs incompétences.

 

Eh bien allez jusqu'au bout, osez la cette union nationale. Et tiens, mieux que l'union nationale, disons « la demi-union-nationale-technique » : Partez, zou, à la porte, restez à Antibes. Laissez les socialistes gouverner !

 

1 / ça ne pourra pas être pire

2 / Ils arrêteront de se regarder le nombril

 

et

 

3/ vous pourrez ainsi entonner votre couplet préféré « c'est la faute des socialistes ».

Chroniques de la (rupture #39) récession #1

* pour que ne rien ne soit oublié dans les mois qui viennent, nous republions régulièrement les premières chroniques, 3 ans après, telles qu’elles furent écrites depuis mai 2007 *

En route donc pour le merveilleux pays de la Sarkozye triomphante, où classe, exemplarité et efficacité se conjuguent au service du « Tout possible ».

 

Chroniques de la rupture #39 récession #1


Ce devait être la rupture : « Le Président du pouvoir d'achat », «  Une France de Propriétaires », « Travailler plus pour gagner plus », « J'irai chercher la croissance avec les dents ».

 

17 mois plus tard?

 

  • « Le Président du pouvoir d'achat », : Retour de l'inflation, chute de la consommation et pouvoir d'achat en berne
  • «  Une France de Propriétaires » : faillites bancaires, resserement du crédit et crise de l'immobilier
  • « Travailler plus pour gagner plus » :  40000 chômeurs de plus en août
  • « J'irai chercher la croissance avec les dents » : Troisième trimestre consécutif de décroissance, et non de « croissance négative » ou de « récession technique » comme l'a dit le clown du jour.

Ça s'appelle la récession, d'où ce malvenu changement du titre de ces chroniques.


Sarko et sa bande se sont plantés, de A à Z. Il se croit Zorro, il n’est que Zéro. Alors sortons-les, vite, sans tarder.

 

Ils ne peuvent décemment plus incriminer les 35 heures et le gouvernement Jospin (6 ans déjà?). Du coup ils prônent l'union nationale, bon prétexte pour « titriser » à leur manière leurs erreurs et leurs incompétences.

 

Eh bien allez jusqu'au bout, osez la cette union nationale. Et tiens, mieux que l'union nationale, disons « la demi-union-nationale-technique » : Partez, zou, à la porte, restez à Antibes. Laissez les socialistes gouverner !

 

1 / ça ne pourra pas être pire

2 / Ils arrêteront de se regarder le nombril

 

et

 

3/ vous pourrez ainsi entonner votre couplet préféré « c'est la faute des socialistes ».

Chronique de la rupture #81 – Septembre 2011 – Le crépuscule de la Sarkozye ?

Au mois de septembre, on s'attend à entendre parler rentrée des classes, malaise dans l'éducation nationale, ou bien encore prix du logement, autant de marronniers dont se gargarise la presse en pareille saison.

Nenni, les affaires sont les affaires, et ce dernier mois d'été ne sera qu'un long hommage à Octave Mirbeau.
Dès le 1er Septembre, on apprend que ce bon Dominique Paillé, ex-porte-parole du Président, redevenu Radical, est viré de l'OFII (Office Français de l'Immigration et de l'Intégration). La raison ? Son penchant déclaré pour Borloo bien sûr, mais aussi sa propension à avoir pris au mot la mission des deux I de son Office, là où le patron ne veut voir en fait que des reconduites à la frontière. Il est prestement remplacé par Arno Klarsfeld, qui abandonne ses rollers pour déshonorer ainsi un peu plus son patronyme et les combats de ses parents.
Puis vient le campus UMP, où malheureusement cette année les rituels gloussements et trémoussements de Morano sont éclipsés par deux actualités plus ou moins mondaines.
  • Le samedi, il est annoncé que Jacques Chirac ne pourra assister à son procès la semaine suivante, car souffrant d'anosognosie, c'est à dire de troubles de la mémoire.
  • Le Dimanche, c'est le retour en France de DSK qui monopolise micros et caméra.
Ni le samedi ni le Dimanche, Bruno Lemaire annoncera le tant attendu programme de l'UMP pour 2012. C'est Raffarin et son désaccord sur la taxe frappant les parcs à thèmes, puis Marleix y allant de son couplet bien beauf-raciste sur Jean-Vincent Placé, qui « sauveront » le week-end.
Plus de 16000 postes supprimés, 1500 classes fermées, la formation des profs raccourcis d'une année, leurs salaires en berne : Sarkozy continue à « Moderniser la France ». Comble de cette modernité, la commune de Puy-Saint-Vincent dans les Alpes décide de financer sur ses fonds municipaux le recrutement d'une institutrice.
Sénatoriales : le parisien Pierre Charon, ex-proche du Président, annonce qu'il fait sécession et qu'il mènera une liste dissidente.
Mais on s'ennuierait presque, si la primaire du PS ne venait émailler l'actualité de son festival d'idées, de propositions et de débats.
C'est alors qu'éclatent ou se développent une suite de scandales d'une ampleur et à un rythme jamais vus auparavant. URBA-GRACCO ou les Diamants de Bokassa à côté de tout cela, c'est de la gnognote.
1/ les fadettes
Deux dirigeants du contre-espionnage français sont soupçonnés d'avoir espionné les factures téléphoniques (fadettes) d'un journaliste du Monde en vue d'identifier les sources de fuites relatives à l'affaire Woerth-Bettencourt l'été 2008.
2/ Karachi
Véritable feu d'artifice. La justice remonte petit à petit le fil via l'intermédiaire Takieddine, dont seul ou presque Médiapart parlait jusqu'à présent. Deux proches du Président, ayant activement participé à la campagne présidentielle de 1995, à une époque où Sarkozy était ministre du budget, sont soupçonnés d'avoir transporté des mallettes d'agent liquide provenant de rétro-commissions sur des contrats d'armement. Affaire dans l'affaire, c'est Hortefeux qui a mis en garde l'un d'eux en ces termes « Ta femme balance beaucoup », enfreignant ainsi le secret de l'instruction.
On apprendra d'ailleurs dans une indifférence quasi-générale que les comptes de campagne d'Edouard Balladur et ceux de Jacques Chirac auraient dû être invalidés, mais ne l'ont pas été grâce à la « bienveillance » du Conseil Constitutionnel présidé à l'époque par Roland Dumas, grand défenseur de la « Pompe Afrique ».
3/ « La République des mallettes »
Dans son nouveau livre-enquête, Pierre Péan explique comment depuis des lustres sont détournées ces commissions versés à divers intermédiaires. Toute la « famille », Villepin, Guéant, Sarkozy and c°, y trouve semble-t-il son compte.
4/ Monsieur Bourgi
L'avocat Robert Bourgi « soulage sa conscience » en racontant au Journal du Dimanche comment il a convoyé durant des décennies des valises d'argent provenant de chefs d'états africain à destination de Chirac, Villepin et même Le Pen.
5/ Clearstream
Villepin est relaxé en appel mais tout le monde s'en moque éperdument.
6/ Bettencourt, le retour
Lavée de tout soupçon, toutes les procédures l'ayant visée durant l'été 2010 étant closes, la comptable de Liliane Bettencourt raconte au quotidien Libération les versements d'argent liquides à diverses personnalités proches du candidat durant la campagne de 2007.
7/ un juge convoqué pour mise en examen
Dans cette même affaire Bettencourt, le juge Courroye est mis en examen pour « atteinte au secret des correspondances par personne dépositaire de l’autorité publique »      

8/ des ripoux ?

Le numéro 2 et trois dirigeants de la PJ lyonnaise sont interpellés pour corruption, trafic international de stupéfiants et blanchiment d’argent. 
Mises en examens et contre-attaques en diffamation se succèdent à un rythme effréné. « Tout vit, tout agit, tout se correspond », mais ici nulle question de folie poétique, c'est un système entier, celui que le candidat Sarkozy dénommait « République exemplaire » qui est en train de se décomposer sous nos yeux.
Ultime exploit du Président de la rupture, le 25 septembre, la Droite perd au profit de la Gauche la majorité qu'elle détenait au Sénat depuis plus d'un demi-siècle. Les élus locaux sanctionnent ainsi la politique territoriale du pouvoir en place.
« Fin de Règne », « Chute d'un clan », « Le Boulet », titreront les hebdos la semaine suivante.
Puissent les mois qui viennent leur donner raison.

Chronique de la rupture #38

* pour que ne rien ne soit oublié dans les mois qui viennent, nous republions régulièrement les premières chroniques, 3 ans après, telles qu’elles furent écrites depuis mai 2007 *

En route donc pour le merveilleux pays de la Sarkozye triomphante, où classe, exemplarité et efficacité se conjuguent au service du « Tout possible ».

 

FIN SEPTEMBRE 2008

Ce ne fut même pas the little telegraphist, tout juste le Petit Nicolas, et dans une version bien moins réjouissante que celle de Sempé et Goscinny.

Le capitalisme financier fait long feu, miné qu’il était à la base par d’illusoires théories néo-libérales, mal servies par des risque-tout, des incompétents et des âpres-aux-gains qui depuis vingt ans ont tenté de nous faire croire qu’ils avaient tout compris et que nous étions des ringards. Circulez !

Rappelons quand même que de nombreux socialistes (Ségolène, Montebourg, Larrouturou) voire des centristes (Peyrelevade)  avaient tenté à maintes reprises d’attirer l’attention sur cette question. Mais en vain. « Naifs, utopistes, gentils » disait-on…

Et maintenant ?

A New York comme à Toulon, des mots convenus, des évidences, des paroles en contradiction totale avec les actes passés. Tout juste s’il n’a pas ajouté « pour la fin de toutes les guerres et de toutes les famines dans le monde », « pour qu’il fasse beau tout le temps »  etc.

Alors Chiche, M. Le Président :

« La moralisation du capitalisme financier est une priorité. »

« Leur rémunération doit être indexée sur les performances réelles de l’entreprise. Ils ne doivent pas pouvoir prétendre à un parachute doré lorsqu’ils ont commis des fautes »

OK, Réglementer les intéressements et Interdire les parachutes dorés : souhaitable mais illusoire. Il suffira de les interdire en France pour qu’un dirigeant émarge au Luxembourg. Les interdire dans toute l’UE ? Ce serait déjà un progrès, mais avec la règle de l’unanimité, c’est perdu d’avance.

Les hyperfiscaliser alors ? (100 % au dessus de x Centaines de milliers d’Euros par exemple)

Mais pas de chance : « Notre objectif, c’est de rendre du pouvoir d’achat aux Français, non de leur en prendre. » adieu donc toute nouvelle taxe ? Chiche, M. Le Président !

« L’économie de marché, c’est un marché régulé »

« le marché mis au service du développement, du marché, de tous. Notre objectif, c’est de rendre du pouvoir d’achat aux Français »

Est-ce que cela irait jusqu’à rétablir une forme de contrôle des prix à la consommation ? Chiche, M. Le Président !

« Il n’existe aucune solution miracle »

Rappelons qu’il n’a pas été élu pour faire des miracles, mais pour réduire le déficit public, relancer l’économie, investir dans la recherche et dans l’enseignement. A défaut de solution miracle il a commis une sottise lamentable nommé « paquet fiscal ». Défiscaliser les heures supplémentaires alors que la demande diminue, ajoutant à l’accroissement du chômage, rendre des milliers d’euros aux contribuables les plus fortunés : il est clair aujourd’hui que ça n’a rien relancé du tout, quoiqu’il en dise. Qu’il en parle à la belle-famille de son fils et il sera fixé sur l’état de sa relance.

Alors à défaut de solution miracle, ayez le courage de revenir sur cette mesure inepte. Chiche, M. Le Président !

« Il faut remettre l’esprit d’entreprise au coeur du système »

Faciliter le développement des PME, mais sans flexibiliser à outrance et sans précariser les salariés, appliquer le principe du pollueur payeur, ok allons-y, avec lucidité et courage.

Mais qu’a-t-il fait, lui et son gentil ministre du travail depuis 18 mois, pour faciliter le développement des PME : mais rien, tout simplement. Qu’on ne vienne pas me dire que ‘la rupture négociée’, ça aide. Faudra-t-il le répéter, le Monsieur te di  » ce n’est pas la possibilité de pouvoir virer quelqu’un qui fait qu’on l’embauche  » ! Ce sont le business, les charges, le BFR qui font qu’on embauche ou pas.

Alors sans tomber dans les revendications catégorielles, pour dégarer des marges de man?uvres sans que les PME soient pieds et poingts liés aux banques :

  • que l’on en vienne enfin par exemple, à cette modulation de l’IS en fonction de critères sociaux, de critères de réinvestissement ; 
  • qu l’on simplifie réellement le code du travail et le nombre de contrats possibles
  • que l’on réforme la Formation Professionnelle, non pour en réduire les budgets mais pour rendre les Organismes Collecteurs plus efficaces ;
  • que l’on transfère certaines charges sociales, l’assurance santé pour ne citer qu’elle, sur un financement universel (c’est-à-dire l’impôt, et surtout pas au privé comme on en prend tout droit le chemin).

Alors peut-être, les actes commenceront à refléter les paroles. Chiche, M. Le Président !

Chronique de la rupture #37

* pour que ne rien ne soit oublié dans les mois qui viennent, nous republions régulièrement les premières chroniques, 3 ans après, telles qu’elles furent écrites depuis mai 2007 *

En route donc pour le merveilleux pays de la Sarkozye triomphante, où classe, exemplarité et efficacité se conjuguent au service du « Tout possible ».

 14-21 septembre 2008

Si Darcos n’existait pas, il faudrait l’inventer !

Fernandel n’est plus de ce monde, Pasqua prend de l’âge, mais heureusement la relève est assurée.

La bonne bouille et l’accent du midi sont là, et sur le fond … Nul n’a oublié son mémorable bredouillage au printemps dernier sur Canal+ à propos de la règle de trois. Des lacunes en arithmétique immédiatement mises en pratiques pour le calcul du nombre de postes à supprimer en fonction de la démographie scolaire à la baisse.

Lundi dernier, on ressort de la naphtaline les bon points et les images (eh M’sieur le Ministre pendant qu’on y est, il me manque deux vignettes panini du championnat 1972/73, z’en auriez pas une ou deux en stock on pourrait faire un échange ?). Dans la foulée on parle de décerner des médailles façon sport aux bacheliers (Ne me dites pas que les fabricants français ont des surstocks et avaient mal calculé leur coup avant les JO !).

A peine le temps de souffler et on enchaîne sur cette incroyable déclaration concernant les écoles maternelles, video internet à l’appui.


On comparera à ce propos l’écho donné à cette vidéo et celui qu’avait reçue la déclaration de Ségolène sur les « 35h au collège ». Mais il est vrai que les dirigeants du PS sont occupés à autre chose ces temps-ci et n’ont pas le temps de relayer ces liens bienveillants.


Borloo prend l’eau (qui a ajouté « non, pas possible ? »)

L’année dernière nous écrivions « Grenelle de l’environnement : de belles annonces mais pas grand-chose de tangible sur le financement … »

A l’époque on m’a dit : « tu fais du procès d’intention », « laisse lui une chance à Sarko », « tu ne vas pas éternellement rejouer la campagne présidentielle ».

Maintenant, nous voyons bien que c’était une imposture.

Le ministre d’état et sa secrétaire d’état, dans quel état sont ils ce matin, dans quel Etat sommes nous ? Ils ont voulu mettre en place les premiers éléments d’une fiscalité moderne et intelligente. Les lobbys bien relayés par l’UMP on fait capoter leur initiative. Ils ont eu raison d’en parler avant sinon nous n’en aurions jamais rien su. Là ce n’était pas de l’amateurisme dans la communication comme tente de le faire croire le pouvoir, c’était leur seule issue. Alors, pourquoi ne démissionnent-ils pas avec fracas ?


Comment commenter un silence ?

Quand on a entendu du Sarko, le silence qui suit est encore du Sarko. Mais en l’occurence on ne l’a même pas entendu. Le capitalisme néo-libéral s’écroule, la pseudo-modernité des as de l’ingénierie financière se révèle n’être que sordides turpitudes et spéculations. Et le Président est silencieux. 

Les croyances des thuriféraires d’Adam Smith s’effondrent autant que le cours de leurs actions. En l’occurence la main invisible est celle de Dobleiou renflouant Fannie, Freddie, AIG etc. Et le Président est silencieux.

Mais rassure-toi bon peuple, le Président va parler, à Toulon, le jeudi 25 septembre prochain. Il parait aussi qu’il y évoquerait un deuxième mandat. F. Fillon, JF Coppé et X. Bertrand sont aux anges.

Mais pourquoi ce délai ? Le temps de relire Keynes ? Non, le temps d’un voyage à NewYork en compagnie de … son Ministre de l’éducation. The boullettes of Darcos in English ? Watch this space !

Mais que va-t-il faire là-bas ? La promo de Carla? Renconter W ? Il n’irait pas aux ordres tout de même ?

The little telegraphist, the return ?



Chronique de la rupture #36

* pour que ne rien ne soit oublié dans les mois qui viennent, nous republions régulièrement les premières chroniques, 3 ans après, telles qu’elles furent écrites depuis mai 2007 *

En route donc pour le merveilleux pays de la Sarkozye triomphante, où classe, exemplarité et efficacité se conjuguent au service du « Tout possible ».

 


 Première quinzaine de septembre 2008

Pour mémoire, que restera-t-il de cette fin d'été 2008 ?


La pseudo mesure de gauche de Sarko à propos du financement du RSA : une taxe sur les revenus du capital. Bien, serait-on tenté de penser. Mais caramba, cette taxe s'inscrit dans l'assiette du bouclier fiscal ! Ce sont donc les 300 000 contribuables les plus fortunés qui y échappent ?

Clavier, Tapie : la république des copains : Un haut fonctionnaire muté d'un coup de fil parce que le gazon de Jacquouille a été un peu malmené. Et si ça se trouve, ce bon Jacquouille n'avait rien demandé. Retour (d’ascenseur ?) payant pour Nanard suite à la décision d’arbitrage rendue en sa faveur.

La privatisation annoncée de la Poste. En douceur, bla bla bla. Si cela réduit l'attente au guichet et si cela permet l'acheminement du courrier à J+1 sans surtaxe de type « lettre prioritaire », personne ne s'en plaindra. Que La Poste fonctionne comme une entreprise avec une exigence de performance opérationnelle à tous les niveaux, cela parait aller de soi. Mais dans les limites et avec les exigences, tout aussi strictes, que doivent demeurer celle d'un service public, avec égalité de traitement sur tout le territoire, et mission de vigilance sociale dans les zones les moins accessibles ou les moins favorisées. A nous de rester vigilants, fermes, mais sans obscurantisme.

En enfin, la nouvelle définition, empirique, du mot « concertation » : « actions, décidées dans l'urgence, qui consistent à reprendre un zéro un dossier dont on a lamentablement foiré le traitement, pour cause de déni démocratique, de mépris, d'arrogance, d'incompétence, d'immaturité ou (non exclusif) d'amateurisme, et à faire croire que l'on va maintenant consulter l'ensemble des parties prenantes concernés par le sujet. »

 

Exemple: Soit une ministre qui tente de faire du zèle de l'intérieur sous la forme d'un fichier envisageant de répertorier bon nombre de caractéristiques personnelles voire intimes de toute personne plus ou moins engagée dans la vie publique, associative, économique, religieuse ou politique.

Soit un décret « Edvige » promulgué en douce début juillet.

Soient une pétition, une pression populaire et médiatique qui monte en puissance, un ministre de la défense qui se souvient qu'il fut naguère dans un parti démocratique, une médaille de bronze à la présidentielle de 2007 qui réalise qu'il peut prendre la tête de la révolte, un ou deux socialistes qui se souviennent qu'ils sont dans l'opposition et qui ne cherchent pas à devenir premier secrétaire (il y en aurait).

Soit un président de la république qui voit matière à affaiblir encore plus deux de ses ex-rivaux internes?..

Eh bien le tour est joué : la ministre déclare qu'elle va engager un processus de concertation.

Un autre exemple : Des casernes se vident, des étudiants cherchent des logements : logeons les étudiants dans des casernes. Pas sot, sur le fond. Et hop, communiqué de presse, décision qui tombe d'en haut etc. Puis on réalise qu'il aurait peut-être fallu écouter d'abord les collectivités locales, prendre leur avis, voir comment cette initiative pouvait s'inscrire dans les projets déjà lancés, bref : réfléchir avant d'agir. Alors on engage un processus de concertation. Un nouvel exemple de mépris ou d'amateurisme, on ne sait qu'en dire.