Archives de l’auteur : Vincent Guibert

Chronique de la rupture #17

Lundi 22 octobre 2007

Entrée de Bernard Laporte au gouvernement, en tant que Secrétaire d’Etat aux Sports. SA piètre prestation lors de la coupe du monde et des suspicions d’affairisme lui font perdre la jeunesse et la vie associative.

Lecture de la lettre de Guy Môquet dans les lycées de France, même dans les classes où il n’y avait pas rugby deux heures plus tard.

Lagardère botte en touche et demande piteusement s’il peut jouer son « joker » en réponse à une question de la commission d’enquête parlementaire sur les soupçons de délits d’initiés chez EADS.

Mardi 23 octobre 2007

Vote de la loi Hortefeux et de son infâmant amendement Mariani sur les tests ADN. 20 députés UMP s’abstiennent. Certes ils trouvent l’amendement « pas convenable » mais ils estiment ne pas pouvoir s’y opposer par souci de solidarité majoritaire. Seuls quelques uns s’enhardissent à voter non.

Mercredi 24 octobre 2007

Annonce d’un retard de quelques mois dans la mise en ?uvre des réformes institutionnelles. Pour tenter de passer le cap des municipales sans doute ? 

Le Parti Socialiste ne sait pas s’il doit être d’accord, tout comme il ne sait que penser du nouveau traité simplifié sur les institutions européennes. Quoiqu’il en soit le PS se sent soulagé d’un poids avec l’annonce de sa démission par Claude Allègre. 

Jeudi 25 octobre 2007 

Grenelle de l’environnement : de belles annonces mais pas grand-chose de tangible sur le financement de ces mesures, sur les pesticides ou sur la taxe carbone. A suivre….  

Vendredi 26 octobre 2007

Sarkozy sur le terrain face aux syndicalistes de la SNCF en en présence bien évidemment de nombreux micros et caméras. Coups de menton « ce n’est pas la rue qui gouverne » et méconnaissance du dossier.Nicolas Sarkozy a indiqué aux cheminots : « Les bonifications, les décotes, moi je pense que tout ceci ne peut s'appliquer que pour ceux que ne sont pas déjà rentrés à la SNCF ».

Surprise à la Direction de la SNCF et au Ministère des Transports qui n’avaient entendu parler de rien en la matière !

Chronique de la rupture #16

Lundi 15 octobre :

EADS, Lagardère, soupçon de délits d’initiés : silence de l’Elysée


Mardi 16 octobre :

UIMM, Medef, importants retraits d’argent liquide : silence de l’Elysée


Mercredi 17 octobre :

Discours sur la pauvreté et la précarité. Comme souvent, un discours intéressant aux antipodes du programme présidentiel et des premiers actes de gouvernement.

12% des français qui vivent sous le seuil de pauvreté, c’est inadmissible, tout le monde en convient. Rappelons que dans un grand nombre de pays anglo-saxons loués pour leur failble taux de chômage, et souvent cités en modèle par le Président, ce taux est de l’ordre de 18%.

Mais tout est possible : le directeur de l’INSEE qui avait critiqué au printemps le mode de calcul des chiffres du chômage vient d’être remplacé.


Jeudi 18 octobre :

Grèves et manifs en protestation contre la réforme des régimes spéciaux de retraites. La réforme est sans doute fondée. Mais nos fins psychologues de Premier Ministre et de MInistre du Travail n’ont rien trouvé d’autre à dire que « c’est pas négociable » en ouverture des négociations. Champions.

LA rupture n’est plus une rumeur. C’est du ressort de la vie privée et n’appelle aucun commentaire. Rappelons seulement que la vie du couple s’est étalée dans la presse people depuis des années. Voir article de Daniel Schneiderman en cliquant ici

On raconte que la future ex première dame de France, après avoir logé dans un pavillon versaillais bien connu, se serait réfugiée en Suisse : aurait-elle pris l’Helvétie pour la Lanterne ?


Vendredi 19 octobre :

Les rugbymen français, coachés par le futur ministre des sports, on fait de la pub pour du shampoing, des voitures, des assurances, pour une virgule aussi. L’entraineur se spécialise dans la lettre de Guy Môquet,  le jambon, les campings, les restaurants. On apprend aujourd’hui qu’il est l’objet de poursuites judiciaires et fiscales. La fête est gâchée. Tout cela mérite qu’il s’entende dire : à la porte.

Pendant ce temps là, les Argentins, les Africains du Sud et même les Anglais jouaient au Rugby. CQFD

Chronique de la rupture #15

Lundi 8 octobre :  un haut commissaire, ça ne démissionne pas et ça ne ferme pas sa gueule

Faisant  mentir notre « Che » national, Martin Hirsh s’insurge contre une disposition de  la loi Hortefeux visant à interdire l’accès des centres d’hébergement d’urgence aux SdF sans papier.

Mardi 9 octobre :  une secrétaire d’état, ça ne démissionne pas et ça ne ferme pas sa gueule non plus

Dans la foulée, Fadela Amara s’élève à sont tour contre cette même loi Hortefeux et son infâmant amendement Mariani. Un « c’est dégueulasse » qui tranche dans la politiquement correct ambiant.

Mercredi 10 octobre :  un ministre, ça ferait mieux parfois de la fermer ou de démissionner

« C’est pas négociable ». C’est ainsi que notre Ministre de la Santé attaque les négociations sur les régimes spéciaux.

Jeudi 11 octobre :  une ministre, ça peut démissionner afin de pouvoir continuer à l’ouvrir

La réforme de la carte judiciaire démarre dans le même esprit de dialogue et de concertation. Des décisions prises et annoncées en guise d’entrée en matière, aucune concertation. Le fond est peut-être justifié mais quand comprendront-ils qu’il ne suffit pas de faire « joli » ou « juste » pour que cela soit accepté. C’est le b-a-ba de la conduite du changement. Sont ils naïfs, innocents, arrogants, aveugles, sourds, incompétents, ou tout cela à la fois ? Si elle ne peut s’empêcher de parler pour montrer à tout le monde ce dont elle est capable, eh bien qu’elle parte et qu’elle devienne choniqueuse à la radio ou à la télé.

Vendredi 12 octobre :  vous avez dit « rupture »?

La rumeur enfle : bravo les suisses
http://www.tdg.ch/pages/home/tribune_de_geneve/l_actu/monde/detail_monde/(contenu)/144580

Chroniques de la rupture #14

Premiers craquements ?

Lundi 1er octobre : ça gronde à Neuilly

Excédés de se voir imposer un  parachuté  à la mairie 2008, les militants UMP de Neuilly manifestent bruyamment leur mécontentement juste après le départ de l’ex-maire. Que réclament-ils, tout comme d’ailleurs leurs camarades boulonnais ? Tout simplement, que le candidat tête de liste aux élections municipales soit démocratiquement, je répète en articulant : dé-mo-cra-ti-que-ment  élu par un vote interne.

Mardi 2 octobre : ça gronde au Sénat

Où l’on revoit comme par hasard un ex ministre de l’intérieur, lui même ex-évincé de la course à cette même mairie de Neuilly, et un ex-premier ministre pourtant  co-sous-je-ne-sais-plus-quoi de l’UMP s’insurger contre  l’amendement Marini sur les tests ADN.

Dans le même temps, les sondages montrent une chute assez forte des cotes de popularité de Président et du Premier Ministre, avec un retour vers les 50%.

Mercredi 3 octobre : ça gronde à la bourse

Méga scandale, des centaines de dirigeants d’EADS soupçonnés de délits d’initiés. Parmi eux, un ami proche du Président. A suivre…

Coup de gueule du Président à l’encontre des cadres de l’UMP.

Jeudi 5 octobre : ça gronde à la Lanterne ?

Le président, seul en Bulgarie, pour y être décoré pour avoir aidé à libérer les infirmières détenues en Lybie. Cécilia absente : pas contente ?

L’amendement Marini sur les tests ADN retoqué au Sénat , c’est un peu de dignité qui revient.

Vendredi 5 octobre : ça (ne) gronde (pas) à la gendarmerie

Fillon et Sarko au top du hit parade des excès de vitesse, feux rouges grillés ou lignes continues franchies. Et tout le monde s’en fout.

En revanche, toujours pas de réaction ni de déclaration péremptoire à l’Elysée sur EADS et les soupçons de délits d’initiés.

Samedi 6 octobre : ça gronde à la mutualité

Histoire de continuer à tenter d’exister, le premier ministre se laisse aller à une nauséabonde qualification de « détail » à propos des tests ADN. Toute l’arrogance et tout le mépris d’un homme dans un seul mot.
Et si c’était lui, le détail dans le dispositif sarkozien?


20-18 à Cardiff, pour l’Histoire, on n’osait même pas en rêver, et pourtant ils l’ont fait !

Chroniques de la rupture #13

Lundi 24 septembre : leçon de calcul (1)

Trou de la sécu : 11 milliards d’euros
Manque à gagner du au paquet fiscal : 15 milliards d’euros, de l’argent qui repart à la consommation ! prétendent nos gouvernants, et c’est ça qui relance la croissance !
Pour combler le déficit social, le gouvernement de la rupture augmente les déremboursements et forfaits en tous genres. Pour les plus nécessiteux, c’est donc de l’argent en moins pour leur consommation courante, et donc pour la croissance.

Mardi 25 septembre : leçon de calcul (2) à OK Corral

Dé-règlement de comptes : 5 millions d’euros s’envolent de la caisse du MEDEF. « C’était pour des associations caritatives ! » déclare le suspect, par ailleurs pas vraiment copain avec la Patronne des patrons.

Le Président à la tribune de l’ONU pour sauver la planète. Grandes envolées lyriques, trémolos dans la voix. Tout le monde est d’accord, maintenant nous attendons des actions tangibles.

Mercredi 26 septembre : pas de leçon le samedi à partir de 2009

Le ministre de l’éducation annonce la suppression dès 2009 les cours le samedi au collège en les transférant au mercredi, donc sans réduction d’horaires. Ca passe plutôt bien. 2ème bon point pour ce ministre là.

Jeudi 27 septembre : le « Grenelle » de l’environnement

Lobbies contre lobbies, à suivre

Vendredi 28 septembre : encore de l’arithmétique

Où il s’agit cette fois-ci de savoir si le CSA doit comptabiliser le temps de parole des conseillers de l’Elysée avec celui du gouvernement.

Fin de semaine trop surchargée pour compléter la chronique, mais tout semble bien calme.
Tout juste un premier ministre et un de ses maintenant lointains prédécesseurs qui essaient d’exister…

Chronique de la rupture #69 ? Septembre 2010

L'incendie reprend sur le front Woerth-L'Oréal. Le ministre avoue avoir signé la demande de légion d'honneur du patron de son épouse, et selon Médiapart Sarkozy apparaitrait dans les carnets de FM Banier, ex-légataire universel de Mme Bettencourt, parmi ceux qui auraient bénéficié de la générosité de la dame.

 

Rentrée des classes sur fond d'économies et de suppression de postes. 16000 nouveaux enseignants face à un classe pour la première fois de leur carrière, sans avoir reçu la moindre formation pédagogique. C'est cela sans doute, moderniser la France ?

 

Manifestations le 4 septembre contre la politique de sécurité du gouvernement.

 

Manifestations le 7 septembre : 2 500 000 personnes dans les rues pour demander une autre réforme des retraites.

 

Le sénat retoque 3 des propositions de lois sécuritaires formulées par la Président en août.

 

Double honte pour la France : Le Parement Européen et l'ONU demande l'annulation des procédures d'expulsion visant les Roms.

 

A ce propos, est révélé le 12 septembre que la circulaire du Ministère de l'Intérieur demandait aux préfets « 300 campements ou implantations illicites d’ici trois mois, en priorité ceux des Roms ». La France pourrait être condamnée pour discrimination.

Quoi ? On m'aurait caché quelque chose ? déclare Eric Besson, qui  tente de nous faire croire qu'il n'était pas au courant.

Une fois encore on se pose la question : le cynisme ou l'amateurisme ont-ils guidé l'écriture de ces instructions ? Mais le fait est que dès le lendemain, une nouvelle circulaire tente de faire oublier ce cafouillage.

 

On ne sait plus où donner de la tête. Scandale à la une du journal « Le Monde » ce même 13 septembre : la rédaction aurait été mise sur écoute sur ordre de l'Elysée afin d'identifier les sources des premières fuites de l'affaire Woerth-Bettencourt.

 

Dans les jours qui suivent, la tension monte de plusieurs crans au niveau européen. Une commissaire européenne luxembourgeoise critique les expulsions de roms par la France. Toujours fin, le Président lui répond avec élégance que le Luxembourg n'a qu'à accueillir les expulsés. Le Lendemain, Sarko prend une fois encore en référence « Mâme Merkel » en prétendant qu' elle entend procéder à des évacuations de camps roms. Démentis et vive indignation en Allemagne.

 

La France est la honte de l'Europe et de l'Onu. Ce ne sont pas les moulinets du Président à la tribune des Nations Unies, où il explique pour la nième fois qu'il faudrait taxer les transactions financières, qui vont restaurer sa crédibilité.

 

Mais dans l'hexagone l'objectif est atteint : pendant quelques jours on ne parle plus ni de Karachi, ni de Bettencourt-Woerth.

 

Cela n'empêche ni la réforme des retraites d'être votée à la sauvette par l'assemblée, ni 2 à 3 millions de personnes de descendre encore une fois dans les rues pour protester. Mais rien n'y fait, à défaut d'être comme un de ses prédécesseurs « droit dans ses bottes », le Premier Ministre oppose un « non ferme et tranquille» à tout aménagement de la réforme. Un Premier Ministre qui rappelle au monde qu'il a une personnalité et qui s'émancipe dans un entretien au JDD de tout mentorat sarkozien.

 

Un premier ministre et un gouvernement qui semblent d'ailleurs aux abonnées absents, tétanisés qu'ils sont par l'imminence du remaniement.

 

Tout cela paye puisque fin septembre, Sarkozy est à 26% de popularité (record historique) et Fillon à 34%, tous deux en baisse selon un sondage publié dans le Figaro, qu'on ne peut accuser de noircir la situation.

 

Jusqu'à présent je comptais les jours qui nous séparent du deuxième tour de la présidentielle. Mais si tout se jouait dès le premier ? Sarko dehors, définitivement out, fin avril 2011 ? Tout est possible !

Chronique de la rupture #12

Lundi 17 septembre : les papys s’en vont-en-guerre

Hier, le French Doctor s’est fait remarquer par ses déclarations bellilcistes envers l’Iran.

Aujourd’hui, fort de ses 16,8% en 2002, le retraité d’Ars en Ré nous montre une fois de plus qu’il sait où et comment focaliser son énergie en publiant un brûlot assasin à l’encontre de celle qui a fait 10 points de plus que lui en mai dernier. Bien vu l’ami, quel combat constructif et valeureux !

Il est clair que la réforme des retraites et des régimes spéciaux, dont celui de certains politiques, doit être engagée d’urgence…

Mardi 18 septembre : Le Nouveau Contrat Social

Rien que cela, un discours prononcé au sous-sol du sénat, qui reprend sans aucun fil directeur un catalogue de promesses électorales, qui assure à son orateur le surplus de reconnaissance dont il a tant besoin de la part de ses amis  grands patrons. Un discours qui prend bien soin de prôner le dialogue social cette fois-ci. Notons toutefois que ce dialogue social est prié de se tenir sous quinze jour et qu’il sera sans doute bienvenu qu’il débouche sur ce qui est d’ores et déja décidé.

Tel un coucou, la patronne des patrons sort de sa boite pour beugler « Jour historique, jour historique ».

Et bien évidemment en face, on rejette tout en bloc, histoire ne pas mettre en péril sa position qui à la tête d’un syndicat ou de sa cellule locale, qui à la tête de son parti de sa section ou de son investiture locale en cette période pré-électorale.

C’est dommage car certaines de ces necessaires réformes ne peuvent plus attendre. Alors cessez de communiquer messieurs-dames, et mettez-vous au travail.

Pour mémoire, le contrat social tel qu’il est théorisé par Rousseau a pour but de rendre l'homme souverain, et de l'engager à abandonner son intérêt personnel pour suivre l'intérêt général. L’intérêt général, ça existe encore ce truc là ?

Mercredi 19 septembre : Hortefeux donne le « la » des haines.

Le Pen en révait, Sarko l’a fait. Lamentable amalgame des testes génétiques à vocation médicale et de ceux à vocation juridique. Le bon peuple pétainiste applaudit en silence.

Jeudi 20 septembre : Arlette et le mâle Hibou

Frétillante Arlette se trémoussant sur son siège aux côtés d’un PPD plus zen que jamais…Tout ça pour cinquiante minutes de démagogie et de flagornerie sireupeuses… jusqu’à la nausée. « Vous comptrenez, la France n’es pas assez riche pour bla bla bla, les retraites bla bla bla, les fonctionnaires, bla bla bla ». Au mieux, un gentil garçon qui veut faire plaisir à tout le monde et à sa maman. Au pire, un populiste hypocrite. Au passage, les 15 milliards d’euros de manque à ganger suite au paquet fiscal, cela représentecombien de salaires d’infirmières, de greffiers ou de profs ?

J’ai essayé d’écouter, j’ai zappé au bout de 10 minutes, écoeuré. Sur Arte passait un nouvel et passionnant documentaire sur les volcans explosifs, au Vanuatu cette fois ci.

Vendredi 21 septembre : and the winner is …

Oscar Perero, deuxième du Tour de France 2006, l’emporte sur tapis vert suite au déclassement pour de Floyd Landis (1er). On raconte que du côté de Melle, une certaine Ségolène R. se prend à rêver…


Chroniques de la rupture #11

Lundi 10 septembre  :  le tournis

Flashback dans la « France d’avant » : En 2003, le Ministre des affaires sociales, un certain François F. fait adopter successivement deux lois. L’une porte sur la réforme des retraites, l’autre a pour objet de renforcer le dialogue social.
Quelques années plus tard, devenu ex-ministre, le père de ces deux lois se targuera d’être l’instigateur des seules réformes marquantes du quinquénat qui s’achève. Parlant des retraintes, le Ministre assure que sa loi en assure le financement à long terme et qu’il n’est pas question de revenir sur les régimes spéciaux.

Retour dans la « France d’après » : En 2007, le Premirer Ministre, un certain F. Fillon, déclare que la réforme des régimes spéciaux est « prête » et que « on attend le signal du Président de la république ». Les syndicats, reçus la semaine précédente par le Ministre des affaires sociales, s’étaient entendus dire que rien n’était finalisé et que les négociations devaient démarrer en vue d’un accord pour la fin de l’année.

Mardi 11 septembre  :  coups de boule

Le Président réalise que son PM est allé un peu vite en besogne et en appelle à la méthode.
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La presse allemande laisse filtrer que le Président agace la Chancelière.

L’OCDE en rement une couche en parlant de « choc négatif » à propos de l’impact du résultat de l’élection présidentielle sur la croissance française. La Ministre des finances entame un virage sur l’aile en parlant non plus de 2,25 % mais d’une « fourchette de 2 à 2,5 » et montre ainsi sa maîtrise de l’algèbre en faisant remarquer que la « borne basse de la fourchette » est proche des 1,9% prédits par l’OCDE. Remarquons seulement que l’OCDE parlait de 1,8% la semaine dernière. Allez, soyons fous : Il suffit de prétendre maintenant que la prévision de croissance se situait entre 0,1 et 10%, ce qui est mathématiquement vrai, pour que tout le monde ait raison. Qui a ajouté « bande de clowns » ?

Mercredi 12 septembre  :  diversion

Cafouillage sur les retraites, débats d’experts sur la croissance, cotes de popularité en baisse… et hop ! on sort son Hortefeux et on rapelle que le quota de 25000 expulsions ne va pas être tenu. Quel abominable indicateur de performance. Convocation des préfets et tout le tralala. Jusqu’où sont-ils allés ? Ont-il remonté la chaine de (non)valeur pour déterminer combien d’opérations « coups de poing » sur les squatts ou les écoles de banlieue devront être planifiées, puis combien de coups de matraque devront être distribués chaque semaine d’ici au 31 décembre pour tenir cet objectif ?

Jeudi 13 septembre : Un bien vil pain

 

L’ancien Premier Ministre tente d’exister en expliquant comment Sarko a « privatisé » l’affaire Clearstrem. Sans doute voulait-il dire « personanlisé ». Mais il devrait savoir qu’il est inutile de s’agiter lorsqu’on est pris dans les sables mouvants.

Vendredi 14 septembre : Hongrois (ou hongrois pas tout ce qu’on lit dans les journaux)

Le préseident en visite sur la terre de ses ancètres, rien à signaler.
Espérons que pendant ce temps la son futur secrétaire d’état au sports ne fait pas lire à son équipe les derniers mots de Jeanne d’Arc en guise de préparation du match de dimanche.

Chronique de la rupture #10

Lundi 3 septembre 2007 : silence dans les rangs

Hier, Mme la Ministre des Finances a eu le courage et l’honnêteté de parler d’un plan de rigueur dans la fonction publique. Moins d’une demi-heure plus tard, des communiqués du SG de l’Elysée et de Matignon corrigent sévèrement ses propos pour évoquer un « plan de valorisation ». Passons sur l’absence de cohérence gouvernementale pour ne retenir que l’hypocrisie sémantique.

Mardi 4 septembre 2007 : quand j’entends « culture »…
Mme la Ministre de la Culture s’émeut d’un édito déplacé à l’encontre du Président. Voir détails dans Libé.
A quand la lettre de cachet à l’attention des impertinents ?

Mercredi 5 septembre 2007 : Si tu ne viens pas à (l’ami de) Lagardère, (l’ami de) Lagardère ira à toi !
L’OCDE se permet de revoir les prévisions de croissance pour la France à la baisse : 1,8% au lieu des 2,2% précédemment annoncés. Cette fois-ci, Mme la Ministre des Finances ne moufte pas et confirme sa prévision initiale.
Scrogneugneu, mais nous irons la chercher cette croissance si elle ne vient pas toute seule, dit une voix dans le lointain !  Top délire, trop drôle, depuis Don Quichotte on n’avait pas fait mieux.

Le réalisme, l’irrévérence, le pessimisme, seraient-ils en passe de devenir répréhensibles ?

Jeudi 6 septembre 2007 : enfin du changement ?
Le Ministre de l’Education Nationale remet en cause le collège unique. 32 ans après la réforme Haby, dans un monde qui a quelque peut changé, sans doute en est-il grand temps. Et ce ministre semble pouvoir s’affranchir des métaphores pachydermiques d’un de ses allègres prédécesseurs… Donnons lui sa chance.

Vendredi 7 septembre 2007 : Pression sur l’enjeu
A force de s’entendre dire par le Président-Entraineur et par le Sélectionneur-Ministre qu’ils devaient la gagner cette coupe et bla bla bla, les « petits » en ont oublié qu’ils devaient aussi et d’abord remporter le premier match, et que pour gagner se premier match il était nécessaire de rester concentrés sur les fondamentaux. Patatras, dès la première minute on les a vus traqueux, tétanisés, malhabiles, et ce qui devait arriver arriva.

Gravissime erreur de management : à force de penser à l’enjeu on en oublie le jeu, comme le dit si bien une de nos co-rédactrices, qui se reconnaitra et en reparlera sans doute, et bien mieux, dans les jours qui viennent.

Idée reçue #6 : La gauche ne propose rien en matière de sécurité

Article complet paru dans Le Monde du 3 septembre 2010

 

Le « pacte de tranquillité publique » repose sur une nouvelle méthode et de nouvelles propositions. Sur la méthode : élus de gauche et élus de droite, élus nationaux et élus locaux, magistrats, policiers et gendarmes, enseignants et éducateurs, doivent rechercher ensemble des solutions concrètes. Il est devenu indispensable de mobiliser toute la société pour faire reculer la violence et la délinquance. Certes, toutes les solutions ne seront pas consensuelles mais ce qui peut l’être doit être identifié comme tel, faire l’objet d’un accord au profit de la population.

?

La baisse continue des effectifs est devenue une plaie : moins 10 000 policiers en trois ans sur le terrain et dans les commissariats, ce sont des milliers d’infractions qui auraient pu être évitées. Mais il faut insister sur la nécessité de réduire les inégalités territoriales les plus manifestes. Pourquoi Paris a-t-elle 1 policier pour 172 habitants, quand Aubervilliers en a 1 pour 418 ? Le débat doit être ouvert de manière transparente et contradictoire.

?

Mais je ne doute pas qu’un accord de bonne volonté puisse se dessiner pour remettre les policiers sur le terrain, en les faisant vivre parmi la population, dans la population, pour la protéger par une présence permanente, à la fois dissuasive et confiante. C’est un travail de reconquête patiente qui prendra du temps et nécessite un accord dans la durée et un compromis politique durable.

 

REDONNER DU POUVOIR AUX HABITANTS

La sécurité doit devenir l’affaire de tous. Chacun a son rôle à jouer dans le recul de la violence. Parents, professeurs, éducateurs, psychologues, travailleurs sociaux sont autant de veilleurs qui voient ce qui se passe et doivent pouvoir alerter. Ils doivent nous permettre de retrouver un minimum de consensus et de sérénité sur le problème de la délinquance des mineurs. Les adolescents doivent apprendre le respect de l’autorité, mais ils ne sont pas des adultes et aucune situation n’est identique à une autre. Il doit y avoir sanction, mais elle doit retrouver progressivité et pédagogie, ce qui suppose de remobiliser toute la société des adultes et remotiver chacun autour de la recherche collective de solutions concrètes.

Au-delà de ces premières orientations, qui peuvent susciter l’adhésion de tous les républicains, je fais également la proposition que nous progressions dans une direction plus radicale encore, qui me paraît à ce jour seule susceptible de répondre aux attentes de la population. Nous devons redonner du pouvoir aux habitants, qui doivent être associés à la lutte contre la délinquance. Non pas une rapide enquête de satisfaction, ou une réunion de veille d’élection, mais un dispositif qui s’inscrira dans le temps et la confiance.

?

Nous avons besoin de forces de sécurité publique plus proches de la population et des territoires, mais nous ne voulons pas d’une municipalisation, qui provoquerait trop d’inégalités entre communes. Mais les préfets s’intéressent-ils vraiment aux besoins de la population ? Au niveau local d’autres solutions sont possibles dans la mise en mouvement des forces de l’ordre. Examinons-les.

Forte de l’aspiration au changement qui traverse le pays, la gauche veut des idées neuves pour la France. La sécurité fait partie de ces transformations, dans le respect de nos valeurs respectueuses des êtres humains et de leurs libertés. Mais veillons à restaurer les conditions d’une réussite dans la durée. Tel est le sens de ce « pacte de tranquillité publique » que je propose.

 

Arnaud Montebourg, député PS et président du conseil général de Saône-et-Loire