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LETTRE DE PHILIPPE TORRETON A JEAN FERRAT

Jean,

J’aimerais te laisser tranquille, au repos dans cette terre choisie. J’aurais aimé que ta voix chaude ne serve maintenant qu’à faire éclore les jeunes pousses plus tôt au printemps, la preuve, j’étais à Entraigues il n’y a pas si longtemps et je n’ai pas souhaité faire le pèlerinage. Le repos c’est sacré !

Pardon te t’emmerder, mais l’heure est grave, Jean. Je ne sais pas si là où tu es tu ne reçois que le Figaro comme dans les hôtels qui ne connaissent pas le débat d’idées, je ne sais pas si tu vois tout, de là haut, ou si tu n’as que les titres d’une presse vendue aux argentiers proche du pouvoir pour te tenir au parfum, mais l’heure est grave!

Jean, écoute-moi, écoute-nous, écoute cette France que tu as si bien chantée,écoute-la craquer, écoute la gémir, cette France qui travaille dur et rentre crevée le soir, celle qui paye et répare sans cesse les erreurs des puissants par son sang et ses petites économies, celle qui meurt au travail, qui s’abîme les poumons, celle qui se blesse, qui subit les méthodes de management, celle qui s’immole devant ses collègues de bureau, celle qui se shoote aux psychotropes, celle à qui on demande sans cesse de faire des efforts alors que ses nerfs sont déjà élimés comme une maigre ficelle, celle qui se fait virer à coups de charters, celle que l’on traque comme d’autres en d’autres temps que tu as chantés, celle qu’on fait circuler à coups de circulaires, celle de ces étudiants affamés ou prostitués, celle de ceux-là qui savent déjà que le meilleur n’est pas pour eux, celle à qui on demande plusieurs fois par jour ses papiers, celle de ces vieux pauvres alors que leurs corps témoignent encore du labeur, celles de ces réfugiés dans leurs propre pays qui vivent dehors et à qui l’on demande par grand froid de ne pas sortir de chez eux, de cette France qui a mal aux dents, qui se réinvente le scorbut et la rougeole, cette France de bigleux trop pauvres pour changer de lunettes, cette France qui pleure quand le ticket de métro augmente, celle qui par manque de superflu arrête l’essentiel…

Jean, rechante quelque chose je t’en prie, toi, qui en voulais à D’Ormesson de déclarer, déjà dans le Figaro, qu’un air de liberté flottait sur Saigon, entends-tu dans cette campagne mugir ce sinistre Guéant qui ose déclarer que toutes les civilisations ne se valent pas? Qui pourrait le chanter maintenant ? Pas le rock français qui s’est vendu à la Première dame de France. Ecris nous quelque chose à la gloire de Serge Letchimy qui a osé dire devant le peuple français à quelle famille de pensée appartenait Guéant et tout ceux qui le soutiennent !

Jean, l’huma ne se vend plus aux bouches des métro, c’est Bolloré qui a remporté le marché avec ses gratuits. Maintenant, pour avoir l’info juste, on fait comme les poilus de 14/18 qui ne croyaient plus la propagande, il faut remonter aux sources soi-même, il nous faut fouiller dans les blogs… Tu l’aurais chanté même chez Drucker cette presse insipide, ces journalistes fantoches qui se font mandater par l’Elysée pour avoir l’honneur de poser des questions préparées au Président, tu leurs aurais trouvé des rimes sévères et grivoises avec vendu…

Jean, l’Allemagne n’est plus qu’à un euro de l’heure du STO, et le chômeur est visé, insulté, soupçonné. La Hongrie retourne en arrière ses voiles noires gonflées par l’haleine fétide des renvois populistes de cette droite « décomplexée ».

Jean, les montagnes saignent, son or blanc dégouline en torrents de boue, l’homme meurt de sa fiente carbonée et irradiée, le poulet n’est plus aux hormones mais aux antibiotiques et nourri au maïs transgénique. Et les écologistes n'en finissent tellement pas de ne pas savoir faire de la politique. Le paysan est mort et ce n'est pas les numéros de cirque du Salon de l'Agriculture qui vont nous prouver le contraire. Les cowboys aussi faisaient tourner les derniers indiens dans les cirques. Le paysan est un employé de maison chargé de refaire les jardins de l’industrie agroalimentaire. On lui dit de couper il coupe, on lui dit de tuer son cheptel il le tue, on lui dit de s’endetter il s’endette, on lui dit de pulvériser il pulvérise, on lui dit de voter à droite il vote à droite… Finies les jacqueries!

Jean, la Commune n’en finit pas de se faire massacrer chaque jour qui passe. Quand chanterons-nous « le Temps des Cerises » ? Elle voulait le peuple instruit, ici et maintenant on le veut soumis, corvéable, vilipendé quand il perd son emploi, bafoué quand il veut prendre sa retraite, carencé quand il tombe malade… Ici on massacre l’Ecole laïque, on lui préfère le curé, on cherche l’excellence comme on chercherait des pépites de hasards, on traque la délinquance dès la petite enfance mais on se moque du savoir et de la culture partagés…

Jean, je te quitte, pardon de t’avoir dérangé, mais mon pays se perd et comme toi j’aime cette France, je l’aime ruisselante de rage et de fatigue, j’aime sa voix rauque de trop de luttes, je l’aime intransigeante, exigeante, je l’aime quand elle prend la rue ou les armes, quand elle se rend compte de son exploitation, quand elle sent la vérité comme on sent la sueur, quand elle passe les Pyrénées pour soutenir son frère ibérique, quand elle donne d’elle même pour le plus pauvre qu’elle, quand elle s’appelle en 54 par temps d’hiver, ou en 40 à l’approche de l’été. Je l’aime quand elle devient universelle, quand elle bouge avant tout le monde sans savoir si les autres suivront, quand elle ne se compare qu’à elle même et puise sa morale et ses valeurs dans le sacrifice de ses morts…

Jean, je voudrais tellement t’annoncer de bonnes nouvelles au mois de mai…

Je t’embrasse.

 

Ingrats ou hypocrites ?

Agés de 50 ans ou plus, salariés ou retraités, certains votent Sarkozy. OK

Ces électeurs de droite sont en très grande majorité des démocrates, nul n’en doute, nous en connnaissons tous, certains sont mes amis et je ne les comprends plus.

Dans toutes les conversations ils prétendent que les socialistes vont encore ruiner la France, ils invoquent en boucle les 35h, l’assistanat, les impôts, le coût du travail.

De deux choses l’une : soit ils sont ingrats, soit ils sont hypocrites.

La plupart d’entre eux sont salariés ou retraités. Seule une minorité est « rentière ».

Salariés, ou retraités, disons depuis les années 80, ils sont à un moment ou à un autre :

  • Trouvé sans trop galérer leur premier emploi,
  • Bénéficié largement d’une cinquième semaine de congés payés,
  • Profité de week-end allongés ou de ponts grâce aux 35 heures,
  • Pointé occasionnellement à l’ANPE ou à pôle-emploi sans refuser leur indemnisation Assedic,
  • Eté pris en charge par l’hôpital, ou ont vu un de leurs ainés l’être,
  • Pu vivre de leur salaire ou retraite à peu près correctement,
  • Eté scolarisés dans le public, et y ont scolarisé leurs enfants (jusqu’à un certain point..),
  • Etc.

 

Aujourd’hui en soutenant Sarkozy et en fustigeant boucle les 35h, l’assistanat, les impôts et le coût du travail, soit en toute candeur ils crachent dans la soupe et sont tout simplement ingrats envers un système social dont ils ont largement profité, soit c’est « autre chose ».

Première hypothèse, cette « autre chose », c’est une peur égoïste d’un accroissement de l’impôt. Ils craignent que leur ISF ou leur IRPP augmente, ils n’en ont pas envie. Ils se recroquevillent derrière leur patrimoine tout en espérant qu’il restera suffisamment de travailleurs pour cotiser à la sécu et à leur retraite. C’est peu glorieux, c’est petitement hypocrite, mais ma foi ce n’est pas si méchant que ça. Et ils resteront les amis et nous continuerons à boire des coups ensemble.

Deuxième hypothèse, cette « autre chose », c’est une peur primale de l’autre, de l’étranger, de l’immigré, peur entretenue par le discours simpliste et lancinant que nous tient le FN depuis des années, et auquel le sortant donne un si triste écho depuis dimanche dernier. Là, accréditer directement ou indirectement ces discours, ça devient nettement plus vilain, surtout lorsque cette xénophobie nous est servie enrobée du discours droitier « libéral » évoqué plus haut. Et là je vais me mettre à poser des questions et à m’interroger.

Jusqu’au Dimanche 6 mai, par son discours racoleur envers les électeurs du Front National, Sarkozy va ni plus ni moins accréditer, légitimer cette deuxième hypothèse, permettre l’amalgame « de toutes les droites », banaliser l’inqualifiable et en ouvrir l’antichambre.

 Encourageons nos amis du centre et de la droite démocratique à refuser cette situation et voter Hollande, ils ne le regretteront pas !

Dimanche 6 mai, seule une très large victoire de François Hollande peut contrecarrer cette dérive, mettre en minorité ces discours indignes, marquer le ressaisissement de la France Terre d’Asile et Pays des Droits de l’Homme, envoyer un signal fort du refus collectif des Français de laisser s’installer durablement ces inclinations racistes et xénophobes.

Alors oui, ce refus-là, ce signal-là, ce changement-là, c’est aussi maintenant, c’est le 6 mai !

En route pour le changement !

A l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, notre candidat François Hollande arrive en tête. Dans notre département, Nicolas Sarkozy est comme partout isolé et sans réserve de voix, François Hollande réalise un score excellent qui marque une nette progression, et qui place la gauche en position d’être majoritaire dans deux semaines. 

C’est le résultat d’un programme solide soutenu par une campagne de terrain acharnée à laquelle bon nombre d’entre vous avez contribué et pour laquelle vous devez être chaleureusement remerciés.

Satisfaction supplémentaire dans les Hauts-de-Seine, Mélenchon fait quasiment jeu égal avec Bayrou et distance largement Le Pen. Même si le score du FN demeure limité dans notre département, il n’en est pas moins inquiétant au niveau national.

Mais rien n’est joué, et les éléments de langage laborieusement régurgités par les membres de l’UMP hier soir sur les plateaux de TV indiquent nettement que Sarkozy va miser sa campagne du deuxième tour sur la peur, le repli nationaliste et la déformation outrancière du programme de François Hollande.

Donc plus que jamais, nous devons tous peser pour assurer une large victoire le 6 mai prochain.

Alors, retournons à la rencontre de nos concitoyens chaque jour d’ici au 4 mai à minuit, heure de fin de la campagne. Sur les marchés, au pied des immeubles, à la sortie des supérettes, en porte-à-porte, en rencontrant les associations, lors de cafés-débats, sur internet via les forums, les blogs et les réseaux sociaux, ne perdons pas une occasion de mobiliser les derniers indécis et de les inciter à venir voter Hollande.

Dans deux semaines, le sarkozysme sera remisé aux oubliettes de l’Histoire, et nous serons en situation d’agir pour le changement !

Pourquoi il faut voter Hollande ce dimanche

 

Depuis 5 ans La France subit le sarkozysme et son cortège d’inégalités, de bling-bling, de dilapidations, d’affaires politico-financières et de dégradations sociales. 900 usines fermées, un million de chômeurs en plus, un accroissement de la dette publique comme jamais.

 

Alors oui on nous dit : « Mais il y a eu la crise, il n’y est pour rien. » C’est faux ! Cette crise, c’est celle du système néo-libéral, basé sur la cupidité et sur l’endettement, cette crise c’est celle du modèle dont s’inspirait sa campagne de « rupture » en 2007, cette crise c’est celle du modèle qu’il voulait importer en France. Sarkozy a échoué sur toute la ligne : économique, sociale, éthique. Il doit partir. Il ne faut plus que la France ait honte de son président.

 

Dimanche, il faut en finir avec tout cela !

Il faut voter François Hollande pour entamer le redressement du pays, pour mettre au pas le système bancaire, sa spéculation et ses paradis fiscaux.

Il faut voter François Hollande pour orienter l’investissement vers les PME, l’industrie, les relocalisations, la croissance et l’emploi.

Il faut voter François Hollande pour que l’Ecole, les Hopitaux, les Services Publics retrouvent moyens et dignité. 

Il faut voter François Hollande pour réformer les institutions, reconstruire la république du respect, mettre fin au cumul des mandats, permettre le vote des citoyens étrangers et lutter enfin contre toutes les discriminations. 

Il faut voter François Hollande pour redresser les finances publiques. 

Il faut voter François Hollande pour réorienter la construction européenne.

Il faut voter François Hollande pour redonner espoir aux jeunes, aux plus démunis, à ceux qui cherchent un emploi ou un meilleur logement.

C’est maintenant que ça se joue, c’est pour cela que nous n’avons rien lâché depuis 5 ans.

Le changement, c’est enfin dimanche, c’est maintenant !

 

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Message de François Hollande

 

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Chers amis,

Depuis de longs mois, vous êtes engagés à mes côtés pour le changement. Aujourd'hui, je tenais à vous remercier pour tout ce que vous avez déjà fait.

Volontaires et militants qui avez frappé à des millions de portes, donateurs et activistes numériques qui vous êtes plus que jamais mobilisés, sympathisants et citoyens qui êtes venus si nombreux à chaque rassemblement?

J'aimerais partager avec vous un film, dans lequel je confie les raisons de mon engagement. Découvrez-le en cliquant ici et n'hésitez pas à le partager avec vos proches.

Ensemble, nous avons mis en marche un mouvement dont nous pouvons être fiers.

Nous sommes à quelques heures d'une échéance qui décidera de l'avenir de notre pays. Chacun doit y participer.

Rendez-vous dimanche pour ce premier tour décisif.


Le changement c'est vous, le changement c'est maintenant.

François Hollande


Chronique de la rupture #50

* pour que ne rien ne soit oublié dans les JOURS qui viennent, nous republions régulièrement les premières chroniques, 3 ans après, telles qu’elles furent écrites depuis mai 2007 *

En route donc pour le merveilleux pays de la Sarkozye triomphante, où classe, exemplarité et efficacité se conjuguent au service du « Tout possible ».

 Avril 2009

Sommet du G20 puis sommet de l’OTAN


Sarko cherche désespérément à exister face à un Obama en pleine gloire.


Ridicule menace de « quitter la table » à la veille du sommet, qui fait à peine ciller Gordon Brown.


Satisfecit général à la sortie du G20, mais concrètement qu’en ressort-il ?

  • une liste grise en guise de réglementation sur les paradis fiscaux
  • rien sur les agences de notation
  • rien sur les ventes à découvert ou sur les appels de marge
  • rien sur la fixation des cours de bourse ou sur les stock-options
  • et bien évidemment, aucune condamnation du crédit hypothécaire aveugle dont Sarko faisait encore l’apologie durant sa campagne électorale.

Sursaut de dignité


… à mettre au crédit du Conseil d’Etat qui retoque un CSA à la botte en décidant que le temps de parole du Président doit être comptabilisé avec celui du gouvernement.


Loi HADOPI sur le téléchargement : ça (karout)chi dans le ventilo

Détournement de la vieille et imagée expression américaine « the shit hits the fan » à l’assemblée, où une poignée de députés socialistes rusés (il en existe encore) surgissent de derrière le rideau pour faire surnombre et mettre la majorité en échec. A refaire le jour d’une motion de censure, camarades !
 

Loi « Hôpitaux, Patients, Santé, Territoires »


La contestation monte dans les régions et dans le monde hospitalier. 25 grands professeurs de médecine signent un texte publié dans le Nouvel Observateur. Le maître-mot n’est plus la santé mais la rentabilité. Ils y dénoncent les risques de « suppressions massives et injustifiées d’emploi d’infirmiers et d’aides-soignants ».


Vous aussi, soutenez cet appel en cliquant ici

République exemplaire

Et PAF sur le bec ! Le Canard enchaîné révèle une drôle d’histoire de corruption présumée de la Direction de la Police de l’Air et des Frontières à l’Aéroport d’Orly. Déjà l’année dernière, la PAF s’était distinguée par ses comportements vertueux à l’égard des expulsés.

 

Ségolène n’en finit pas de s’excuser

à Dakar la semaine dernière, en référence au discours prononcé par Sarkozy en juillet 2007

à Paris aujourd’hui, suite aux propos café-du-commerce tenus par le même Sarkozy
lors d’un déjeuner rassembllant la semaine dernière une vingtaine de députés pour un débriefing des sommets G2 et OTAN. Cette seconde salve d’excuses, envers Zapatero, aura au moins eu le mérite d’attirer l’attention sur ce déjeuner, passé jusqu’alors totalement inaperçu.

 

Chronique de la rupture #87 ? Mars 2012 : Interruption momentanée du programme

En début de mois, le président-candidat est en campagne à la radio. A défaut de programme, son discours concerne celui de son principal rival et s’articule autour du triptyque : mensonge, assistanat, impôt. Il prétend que les mesures fiscales annoncées la semaine dernière par François Hollande vont faire fuir les riches : « Qu’est ce qui restera en France quand les riches seront partis ». Ce matin Sarkozy interpelle, contre-questionne, agresse dès qu’il se sent en difficulté pour répondre à une question.

Et il en sera ainsi durant toutes ses interventions audiovisuelles de cette première quinzaine de mars : l’anathème et l’instulte comme principaux arguments de campagne. Son bilan est un boulet, son programme n’existe pas, alors que lui reste-t-il ? Ses armes principales

Par deux fois la vulgarité du président-candidat atteindra des sommets, ou touchera le fond, au choix du lecteur :

? Un « quel couillon va ! » à l’encontre d’un jeune journaliste qui lui demande pourquoi il a fait envoyer des gaz lacrymogènes sur des délégués syndicaux d’Arcelor Mittal venus à sa rencontre devant son siège de campagne

? Il se montre cassant et méprisant avec la rédactrice en chef de France Inter. D’un geste de la main, « chuuuut », il lui intime de se taire alors qu’elle vient de lui poser une question.

En résumé, sa parole lors de ces émissions télévisées se résume à : Tout ce qu’il a fait, il n’aurait jamais dû le faire, et tout ce qu’il n’a pas fait, cela constitue son projet pour 2012.

Grand discours à Villepinte, l’UMP rapporte une affluence triple de la contenance de la salle. Une annonce-choc de plus, en direction des souverainistes : « Si je devais constater que dans les douze mois qui viennent il n’y avait aucun progrès sérieux dans cette direction, alors la France suspendrait sa participation aux accords de Schengen jusqu’à ce que les négociations aient abouti. »

 

Puis surviennent à Montauban et Toulouse le dramatique assassinat de trois enfants et de quatre adultes par un tueur isolé. Deux jours plus tard, le terroriste est assiégé puis abattu par la police à son domicile. Tons haletants, bandeaux « édition spéciale », défilés d’experts sur les plateaux : les TV dont les chaines info en font trop.

Une question subsistera a jamais : au lieu de s’occuper des fadettes des journalistes ou d’épiciers bios, le commandement de la DCRI qui avait depuis longtemps identifié cet individu comme dangereux, aurait-il pu agir préventivement et éviter le drame ?

Et pendant tout ce temps-là, la justice tente de faire son travail : la trace d’un retrait de 10 Millions d’Euros retrouvée en Suisse la veille d’un dépôt en France, les mises en examen qui se poursuivent? Ségolène Royal aura le mot juste en déclarant que le président-candidat a peur de perdre l’élection parce qu’il a « absolument besoin d’être réélu pour être couvert par l’immunité présidentielle ».

Finalement, cela semble facile d’être président-candidat : On invente les propositions de son adversaire (à défaut d’en avoir à exposer), on comprend ce qu’on veut, on caricature, on s’insurge bruyamment, on annonce qu’on fera le contraire.

Les énormités finissent par payer, les courbes des sondages se sont rejointes pour le premier tour.

J-22, et toujours pas de programme de l’UMP et de son candidat.

Nous entamons, espérons-le, le dernier mois entier de sarkozysme.

 

 

Chronique de la rupture #49

* pour que ne rien ne soit oublié dans les semaines qui viennent, nous republions régulièrement les premières chroniques, 3 ans après, telles qu’elles furent écrites depuis mai 2007 *

En route donc pour le merveilleux pays de la Sarkozye triomphante, où classe, exemplarité et efficacité se conjuguent au service du « Tout possible ».

Mars 2009

Voyage officiel au Mexique : 3 jours bling-bling (bing-bling prend-il un s au pluriel ?) dans une villa de luxe aux frais d’on ne sait qui, suivis de quelques heures de visite officielle; ça me rappelle ces histoires de commerciaux qui s’inventent un rendez-vous le vendredi soir  ou le lundi matin à l’autre bout du pays histoire de financer leur week-end. Gagne petit, indigne, minable.

Fissures à l’UMP où ce bon Pierre Méhaignerie suggère l’abrogation du paquet fiscal. Suivi d’un silence dans les rangs seulement brisé par les éructations morveuses du porteflingue de service. A ce propos, signez la pétition http://www.alternatives-economiques.fr/petition

Autre fissure, à l’initiative de la bruyante et pétulante Nadine Morano. Ce gouvernement a failli réussir une avancée sociétale avec l’adoption du statut du beau-parent, reconnaissant ainsi implicitement l’homo-parentalité, 10 ans après l’avènement du PACS. Mais hélas, sitôt publié, sitôt vilipendé par la mule du Pape qui n’en rate pas une, sitôt retiré – pardon, reporté à la rentrée-.

Le gouvernement cède sur la TVA dans la restauration. Trois milliards d’Euros de manque à gagner, sans contrepartie.

L’affaire du mois : le comportement des dirigeants des entreprises cotées. Grands discours, réunion de réflexion, indignations officielles et coups de menton autour de rémunérations de certains grands patrons banquiers ou industriels. Tout cela pour en arriver peut-être à un décret minimaliste concernant les bonus, stock-options et autres parachutes dorés d’une demi-douzaine de dirigeants de sociétés aidées par l’état.

et pourtant :
Discours de Sarko à Toulon le 7 février 2007 « Ça ne peut plus durer les parachutes en or pour celui qui échoue, les stock options réservées à quelques-uns. »

Discours de Sarko à Marseille le 19 avril 2007 «  Si je suis élu président de la République, je ferai voter dès l'été 2007 une loi qui interdira la pratique détestable des golden parachutes parce que c'est contraire aux
valeurs qui sont les miennes.
[…]
De la même façon, je n'accepte pas, et j'assume mes responsabilités, que dans une entreprise de milliers de salariés on puisse à quelques-uns se distribuer un plan de stockoptions, alors que la valeur de l'entreprise existe parce que chacun des salariés y a apporté sa part, y compris la dernière collaboratrice et elle aussi a droit d'être
propriétaire d'une partie de cette entreprise. Ca, ce sont nos valeurs »

Rappelons que « dès l’été 2007 », c’est la loi TEPA qui fut votée.

Quant au MEDEF, il prône l’auto régulation. Vont-ils nous refaire le coup de la main invisible du marché ?

Le rumeur enfle autour d’une « reprise en main » possible de Radio France à l’occasion du renouvellement du mandat de son Président en mai prochain. Restons vigilants.

En revanche, silence total au Château autour des prises de position du Pape ou de l’évêque d’Orléans sur le préservatif. Saint-Jean de Latran, c’était il y a moins de dix-huit mois pourtant, mais à l’heure où le sarkozysme capote, les liens entre le pouvoir, ses grands intellos cathos type Bigard et le Vatican resteront-ils aussi serrés qu’ils l’étaient ? Invivable suspense…

Et pour terminer ce mois-ci, signalons et soutenons ce nouveau mouvement des universitaires et des chercheurs, la « Ronde Infinie des Obstinés » http://rondeinfinie.canalblog.com/ qui se tient depuis une semaine à Paris sur le Parvis de l’Hotel de Ville, ex Place de Grève…

La république du respect

Nous sommes à 4 semaines de l’élection présidentielle, dans un mois nous pouvons permettre que se bâtisse une république nouvelle, celle du respect.

Comment définir le respect ? 2 sens en fait, et attention au piège car étymologiquement « respicere » = « regarder en arrière ».

  • D'une part c'est l’aptitude à considérer ce qui a été énoncé et admis dans le passé : une promesse, un contrat, des règles d’un jeu.
  • D'autre part, appliqué à un individu, cela signifie en fait l’estime, la considération, la reconnaissance des actes accomplis, la bienveillance

Alors à partir de là qu’est-ce que c’est, la république du respect ?


C’est celle dans laquelle l’intérêt général l’emporte sur celui des clans, des corporations et des avantages personnels.

C’est celle dans laquelle la laïcité, l’impartialité, la neutralité de l’état l’emportent sur les idéologies et les puissances de l’argent.

C’est celle dans laquelle la bienveillance et la tolérance l’emportent sur toutes les discriminations.

C’est celle dans laquelle le président oriente, arbitre, représente dignement son pays dans tous les coins du territoire et dans tous les endroits du monde, laisse le gouvernement gouverner et le parlement légiférer, au lieu de pondre loi sur loi et de nommer les dirigeants des entreprises publiques et de l’audio-visuel.

C’est celle dans laquelle on ne rembourse pas en 5 ans des milliards d’euros aux plus riches tout en demandant aux plus faibles de se serrer encore et encore la ceinture.

C’est celle dans laquelle on considère qu’un chômeur est avant tout quelqu’un en difficulté et non un feignant assisté.

C’est celle dans laquelle on considère qu’un fonctionnaire a d’abord le sens du service public et non celui de la grève.

C’est celle dans laquelle on considère qu’un salarié est « un roseau pensant », partie prenante dans la bonne marche de son entreprise, et non une variable d’ajustement boursier.

C’est celle dans laquelle on ne se pavane pas au Fouquet’s, sur un yacht, dans les palaces amis ou dans des piscines tropicales alors que tant d’autres peinent à se loger et ne partent jamais en vacances.

C’est celle dans laquelle on ne tente pas de pistonner son fiston à la tête d’un Etablissement Public alors que ses concitoyens craignent pour l’éducation et l’emploi de leurs enfants.

C’est celle dans laquelle on n’insulte pas les chercheurs ou les enseignants en laissant entendre qu’ils ne travaillent pas assez.

C’est celle dans laquelle on ne vilipende pas le capitalisme financier à Toulon, tout en laissant le faire à Gandrange, chez Conti, chez Lejaby et ailleurs.

C’est celle dans laquelle le président ne houspille pas les journalistes dès qu’ils se hasardent à poser une question

C’est celle dans laquelle le Président ne dit pas « pschiit », « abracadabrantesque » ou « affabulations » dès que l’on parle d’affaires politico financières qui dérangent et qui se termineront tôt ou tard en justice.

C’est celle dans laquelle on ne reçoit pas à l’Elysée ou au 14 juillet des chefs d’état dictateurs qui massacrent leurs peuples.

C’est celle dans laquelle un maire ne se permet pas de disposer « à sa guise » de 11 hectares au milieu de la seine pour tenter d’y implanter des commerces et logements de luxe.

C’est celle dans laquelle une majorité locale travaille pour le mieux-être de ses concitoyens au lieu de ne se scinder au gré des opportunités électorales pour mieux se recomposer puis se redécomposer lors de l’élection suivante.

C’est celle dans laquelle on n’a peur ni du non-cumul des mandats, ni de la parité en politique, ni des citoyens non-français dans les conseils municipaux.

C’est celle dans laquelle le président fait mettre hors d’état de nuire les élus corrompus au lieu d’expulser et de comptabiliser enfants et étudiants étrangers.

Enfin, cette république du respect, c’est celle dans laquelle on ne confond pas « obligation de réserve » avec « silence dans les rangs » même face aux comportements les plus inacceptables, tout ce sur quoi Sihem va revenir dans un moment.

 

Cette république du respect, c’est celle que nous voulons construire avec François Hollande, pour ne plus avoir honte de notre Président, de ses actes, de ses façons de parler, d’agir, de mentir ou de laisser-faire avec ce cynisme et cet amateurisme qui les caractérisent, lui et son clan.

 

Cette république du respect, cette nouvelle république,  elle peut se construire en douceur et avec détermination, dès les 22 avril et 6 mai prochains.

 

Rappelons les principaux engagements de François Hollande :

Je veux défendre et promouvoir la laïcité

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Je proposerai d'inscrire les principes fondamentaux de la loi de 1905 sur la laïcité dans la Constitution en insérant, à l'article 1er, un deuxième alinéa ainsi rédigé : « La République assure la liberté de conscience, garantit le libre exercice des cultes et respecte la séparation des Églises et de l'État, conformément au titre premier de la loi de 1905, sous réserve des règles particulières applicables en Alsace et Moselle. »

 

Je veux que la prochaine présidence soit celle de l’impartialité de l’Etat, de l’intégrité des élus et du respect des contre-pouvoirs

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Je réformerai le statut pénal du chef de l'État. Je réduirai de 30% la rémunération du président de la République et des ministres. Les anciens présidents de la République ne siégeront plus au Conseil constitutionnel.

 

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J'augmenterai les pouvoirs d'initiative et de contrôle du Parlement, notamment sur les nominations aux plus hauts postes de l'État afin de les rendre irréprochables. Je ferai voter une loi sur le non-cumul des mandats. Je renforcerai la parité entre les femmes et les hommes en alourdissant les sanctions financières contre les partis politiques qui ne la respectent pas. J'introduirai une part de proportionnelle à l'Assemblée nationale.

 

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Je porterai la durée d'inéligibilité des élus condamnés pour faits de corruption à dix ans.

 

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J'accorderai le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans. Je conduirai une lutte implacable contre l'immigration illégale et les filières du travail clandestin. Je sécuriserai l'immigration légale. Les régularisations seront opérées au cas par cas sur la base de critères objectifs.

 

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La désignation des responsables des chaînes publiques de télévision et de radio dépendra d'une autorité indépendante et non plus du chef de l'État ou du gouvernement. Je préserverai l'indépendance de l'AFP et je renforcerai la loi sur la protection des sources.

 

Je veux donner à la police et à la justice les moyens de nous protéger

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Je mettrai en ?uvre une nouvelle sécurité de proximité assurée par la police dans nos quartiers et la gendarmerie dans les territoires ruraux. Je créerai des zones de sécurité prioritaires où seront concentrés davantage de moyens. Je doublerai le nombre de centres éducatifs fermés pour les mineurs condamnés par la justice en les portant à 80 durant le quinquennat. Je créerai, chaque année, 1000 postes supplémentaires pour la justice, la police et la gendarmerie.

 

Je veux donner un nouvel élan à notre démocratie

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Je garantirai l'indépendance de la justice et de tous les magistrats : les règles de nomination et de déroulement de carrière seront revues à cet effet ; je réformerai le Conseil supérieur de la magistrature. J'interdirai les interventions du gouvernement dans les dossiers individuels. Je remettrai à plat la procédure pénale pour la rendre efficace dans le respect des principes fondamentaux de l'Etat de droit. L'accès à la justice de proximité pour tous les litiges portant sur des aspects essentiels de la vie quotidienne des Français sera facilité. Les peines prononcées seront toutes effectivement exécutées et les prisons seront conformes à nos principes de dignité.

 

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J'engagerai une nouvelle étape de la décentralisation en associant les élus locaux. Je ferai voter une loi sur le renforcement de la démocratie et des libertés locales. Elle prévoira notamment l'abrogation du conseiller territorial et la clarification des compétences. Un pacte de confiance et de solidarité sera conclu entre l'État et les collectivités locales garantissant le niveau des dotations à leur niveau actuel. Je réformerai la fiscalité locale en donnant plus d'autonomie aux communes, aux départements et aux régions, en contrepartie d'une plus grande responsabilité. Une véritable péréquation sera mise en ?uvre.

 

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Tout texte de loi concernant les partenaires sociaux devra être précédé d'une concertation avec eux. Je ferai modifier la Constitution pour qu'elle reconnaisse et garantisse cette nouvelle forme de démocratie sociale. Dès l'été 2012, je réunirai une grande conférence économique et sociale qui sera saisie des priorités du quinquennat. Je permettrai la présence des représentants des salariés dans les conseils d'administration et dans les comités de rémunération des grandes entreprises.

 

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Je ferai ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.

 

 

Chers amis, le changement c’est maintenant !

23 mars 20h à Boulogne-Billancourt : CONFERENCE DEBAT ?La République du respect?

CONFERENCE DEBAT

 

?La République du respect?

 

avec Sihem SOUID

 

Vendredi 23 mars 2012 à 20h

 

Salle des Fougères (Grand' Place)

 

92 – Boulogne-Billancourt

 

Métro : 9 (Marcel Sembat), 10 (Boulogne Jean-Jaurès), Bus : 72, 123, 126 ; Parking : les Passages

 

Sihem Souid, 30 ans, adjointe administrative à la cellule d'aide aux victimes à la Préfecture de Police à Paris, est exclue depuis le 26 juillet 2011 pour manquement à son devoir de réserve pendant une période de 18 mois dont 6 ferme.

Depuis la parution de son premier ouvrage Omerta dans la police (2010), elle intervient régulièrement dans le débat public sur les questions liées à la sécurité. Elle sillonne la France à l'invitation d'organisations de défense des droits de l'homme et du citoyen en faveur du dialogue entre les Français et les policiers.

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Les engagements de François Hollande :

?Je veux défendre et promouvoir la laïcité?

 ?Je veux que la prochaine présidence soit celle de l'impartialité de l'Etat, de l'intégrité des élus et du respect des contre-pouvoirs?