Archives de l’auteur : Vincent Guibert

Idées reçue #3 : la droite sait gérer les deniers publics, la gauche, non

La Gauche est dépensière et creuse les déficits (à cause de tous ces faignants d’assistés)

La Droite sait gérer les dépenses publiques (grâce à une politique qui libère des entraves et génère de la croissance)

La preuve par l’image avec ce graphique qui représente l’évolution de la dette publique depuis 1997 (Milliards d’euros)


commentaires et analyse sur http://www.alternatives-economiques.fr/la-dette-publique-explose_fr_art_633_45557.html

Chronique de la rupture #58 ? novembre 2009

 

6 novembre 2009, la mi-mandat.


A peine le temps de souffler, et ça repart de plus belle :

Au Sénat, Raffarin organise le soulèvement d'une trentaine de ses confrères en pétition contre la réforme de la taxe professionnelle. Ils prétendent ne pas vouloir la voter en l'état.


Autour du « grand emprunt », le conseiller du président convainc une soixantaine de députés UMP de faire monter la barre à 100 Millions d'Euros, alors que la commission Rocard-Juppé, soutenue par le Ministre des finances et celui du budget, préconise 30 à 40.Le Premier Ministre s'emporte à l'Assemblée en rappelant que le conseiller ne fait pas partie de l'exécutif.


Dans la foulée, il tacle sa Ministre des Sports qui s'était déclarée la semaine dernière opposée à l'abandon de la niche fiscale dite « Droit à l'Image Collectif» dont bénéficient les sportifs de haut niveau.


Ça flingue de partout.


C'est donc le moment de faire diversion et de sortir son Hortefeux, qui nous gratifie d'une proposition de couvre-feu ciblé sur des mineurs délinquants. Les compliments pleuvent à l'annonce de cette idée : incantatoire, démagogique, inapplicable ?


Le lundi suivant, c'est Kouchner qui attaque Besson sur la question des charters d'expulsés vers l'Afghanistan.


Puis Eric Raoult se rappelle à notre bon souvenir en invoquant un imaginaire devoir de réserve du Prix Goncourt, qui s'était laissée aller à qualifier la France de Sarkozy de «monstrueuse »? en août, soit trois mois avant l'obtention de son prix !  Le ministre de la culture est obligé d'intervenir, fermement mais discrètement.


Puis c'est Pasqua qui se lâche contre Chirac et Villepin.


C'est alors qu'on apprend, en pleine commémoration des 20 ans de la chute du mur de Berlin, qu'il y était, notre Président, le 9 novembre 1989, avec son scalpel et ses petits bras musclés.

La preuve ? Tout le monde se souvient l'avoir vu, Fillon and C0, Juppé et Ulysse Gosset, correspondant de TF1, y étaient aussi parait-il.


Toutefois, Juppé ne sait plus, à deux ou trois jours près, quand ils y furent exactement

Ulysse Gosset quant à lui, dit qu'il était à Moscou ce jour là et qu'il a bien rencontré Sarko à Berlin, mais une semaine plus tard.


Entre nous, l'ouverture de la frontière Est-Ouest a été autorisée presque par mégarde, vers 19h00 ce jour là, à l'issue de la conférence de presse de Günter Schabowski, responsable du  parti communiste est-allemand. Alors, Sarko-qui-a-du-flair était là-bas car il savait ce qui allait se passer ? Ou bien il a demandé à son copain Tapie comment faire pour aller très vite d'un point A à un point B ? Ou bien il nous pipote ? Navrant de puérilité et de ridicule.

 

Même Bernard Laporte s’y met en nous infligeant ses mémoires. Une histoire de gens bons ?


Sur ce, le magazine américain Forbes publie son classement annuel des personnalités les plus influentes du monde :

1er : Barack Obama

?

25° : JC Trichet

?

47° : Dominique Strauss-Kahn

?

52° : Bernard Arnaud

?

56° : Nicolas Sarkozy.

Forbes souligne les multiples et récentes affaires personnelles le concernant, ainsi que sa propension a trop dépenser l'argent public dans un mode de gouvernance « socialist-style »

http://www.forbes.com/lists/2009/20/power-09_Nicolas-Sarkozy_J3LK.html

 

Elle est chouette, sa « France d'Après », une vraie réussite.

Chroniques de la rupture… en librairie *** mise à jour à mi-mandat ***

Le 6 mai 2007,  cela fait maintenant deux ans et demi, La France a opté pour « la rupture ». Il m’a fallu accepter et respecter ce choix pour un projet et pour un candidat qui n’étaient pas ceux que j’avais soutenus.


Mais j’avais du mal à y croire. Alors j’ai voulu, dès le 7 mai, tenir au fil de l’eau ces « Chroniques de la rupture », pour oublier certes, pour compenser, mais aussi pour modestement contribuer à ce que, le jour venu, en 2012 ou avant, la mémoire collective ne soit pas une fois encore balayée par de nouveaux discours et d’improbables promesses.


Une nouvelle version du premier tome, reprenant les chroniques dela première moitié du mandat, est dorénavant disponible en librairie.



 

sur le site lulu.com

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http://www.lulu.com/content/livre-%C3%A0-couverture-souple/chroniques-de-la-rupture—tome-1-(poche)/7095169
Pourquoi ne pas avoir attendu la fin du quinquénat pour le publier ?
Parce qu’on oublie bien plus vite qu’on le pense.
Parce que l’histoire s’est accélérée, parce que le monde s’est installé depuis plusieurs mois dans une crise qui a sonné le glas du modèle libéral anglo-américain dont se réclamait le candidat Sarkozy,et qui inspira sa fameuse stratégie de rupture. Parce que le temps dubilan est déjà venu.

Et puis parce que, même si je me disais en démarrant qu’il yaurait d’inéluctables ratés et que les évènements me fourniraient un peu d’inspiration, force est d’avouer en toute humilité que je n’en attendais pas tant …

Merci aux plus anciens lecteurs, et bonne lecture aux nouveaux arrivants!

Chronique de la rupture #57 ? octobre 2009

Un mois d'octobre plein d'évènements, de surprises et de rebondissements.

 


 « Il a pas free, il a rien compris » : Le Président se déclare à nouveau « assez sceptique et réservé sur le choix d'un quatrième opérateur mobile. »  Sa proximité avec le troisième d'entre eux, Bouygues, n'y est évidemment pour rien. C'est beau, le sens de l'amitié.

 « On se fout du monde » déclare Alain Juppé au sujet des modalités de suppression de la Taxe Professionnelle.

Votation citoyenne pour la Poste : Dans toute la France, chacun peut aller s'exprimer pour ou contre le changement de statut de la poste. Plus de 2 millions de votants, et plus de 98% de NON. Echaudés par les promesses non tenues sur GdF, les Français ne croient plus leurs gouvernants lorsqu'ils déclarent que La Poste ne sera pas privatisée.

La réforme des lycées est annoncée, il ne reste presque plus rien de l'ex-réforme Darcos, c'est une reculade qui ne dit pas son nom.

Puis viennent coup sur coup deux affaires qui vont déstabiliser assez profondément la majorité. Les déclarations de Frédéric Mitterrand, rapidement éclipsées par la pseudo-élection de Jean Sarkozy, 23 ans, ex-apprenti acteur, étudiant en droit, fils de, à la tête de l'Etablissement Public d'Aménagement de La Défense.

Le même jour, Sarko déclare : « Cela voulait dire désormais, que ce qui compte en France, pour réussir, ce n'est plus d'être bien né, pour réussir c'est travailler dur, et avoir fait la preuve par ses études, par son travail, de sa valeur. « 

Deux semaines d'agitation sur fond de népotisme, Lefèvre n'en peut plus d'allumer des contrefeux, il s'en prend aux média soupçonnés d'être partisans, alors que même Le Figaro, LCI et Europe1 se laissent aller à commenter sur un ton presque critique cette nomination.

Sarko nous concocte une visite éclair à Gandrange histoire de détourner un instant les projecteurs de son rejeton, et de rattraper sa boulette de la semaine précédente (il était passé tout près sans même faire le détour).

Déficit abyssal, « grand emprunt » aux contours assez flous : la grogne monte au sein des députés UMP.

Fin du procès Clearstream, où il apparait que le chef d'inculpation de Villepin est plus ou moins fondé : « absence de réaction », et qu'il n'aurait pas été le seul à agir de la sorte. MAM par exemple aurait également « oublié » de réagir, mais en revanche elle n’a pas été inquiétée par ce procès.

La commission des finances de l'assemblée propose une taxe de 10% sur les profits bancaires. JF Lamour (ex champion olympique d'escrime, roi de la précision) se trompe de touche et du coup l'amendement est voté. Mais Madame Lagarde ne l'entend pas de cette oreille et dès le surlendemain, un nouveau vote met fin à cette taxe.

Dommage, pour un fois que ce gouvernement avait la possibilité de mettre ses actes en cohérence avec les discours grandiloquents de son Président?

Au détour d'une communication de la cour des comptes, on apprend que la « PFE », l'inoubliable Présidence Française de l'Europe, a couté la bagatelle de 172 Millions d'Euros, soit deux fois plus que la moyenne des autres présidences tournantes.

Afin sans doute de reconquérir l'électorat de droite extrême à l'approche des régionales, Besson en remet deux couches :

  • Une première par le retour au pays de trois afghans à la faveur d'une escale en France d'un charter britannique.
  • Une seconde en lançant le « grand débat les valeurs de l’identité nationale, sur ce qu’est être Français aujourd’hui ».

C'est le moment que choisit France 3 pour diffuser un passionnant film d'Yves Boisset sur Pierre Laval, un ex-socialiste passé de l'autre côté?

Fin octobre, discours au monde agricole à Poligny dans le Jura.

« Je ne suis pas venu vous tenir un discours que vous avez déjà entendu »

 

Comparons simplement ce discours à celui tenu en Maine-et-Loire le 19 février dernier.

20090219_L_avenir_de_l_agriculture.pdf 20090219_L_avenir_de_l_agriculture.pdf

20091027_Un_nouvel_avenir_pour_l_agriculture.pdf 20091027_Un_nouvel_avenir_pour_l_agriculture.pdf

du copier coller ! Même plus d’inspiration, le début de la fin ?

Dans la majorité en cette fin octobre qui marque la moitié du mandat, ça grogne. Des courageux, Rama Yade, Martin Hirsch, François Baroin, Claude Goasguen, d'autres élus moins célèbres, n'ont pas peur d'exprimer leur désaccord avec ce qui se passe, rendons leur hommage.

Villepin, plus déchainé que jamais, a rassemblé un millier de ses partisans à la Maison de l'Amérique Latine, ça tangue en sarkozye.

 

Présidentielle 2012 :

 J –   920 ( – 906 en cas de victoire au premier tour)

On y croit.

Chronique de la rupture #56 ? septembre 2009

Une rentrée sous le signe du bidonnage, de l'enfumage et du cafouillage


Ouh j'ai peur ! s'exclame un banquier anonyme à la vue des gros yeux du Président, qui lui demande plus de fermeté dans l'allocation des bonus et plus de risque dans le crédit aux entreprises.  

Ouh j'ai peur ! lui répond en écho un anonyme détenteur de compte en Suisse, ayant entendu que le gouvernement français disposait d'une liste de 3000 évadés fiscaux?

Qui vivra verra.


Hausse de 4,3 % des atteintes aux personnes et de 12 % des cambriolages chez les particuliers? j'ai la mémoire qui flanche : comment s'appelait ce ministre de l'intérieur qui prétendait s'occuper de la racaille au karcher, et qui affirmait que la police de proximité n'était pas là pour jouer au foot avec les jeunes des banlieues.


Baliserait-on en haut lieu à l'approche des régionales : Villiers, Chasseurs, tous se rallient petit à petit à la majorité présidentielle. Mais si l'on s'en réfère à la récente prétendue victoire de l'UMP aux Européennes : 28 + les 5% de Libertas = 33%.


Comme aurait pu dire l'ex : « cha fait deux Fanchais chur trois » ? de l'autre côté !


« Mon espoir est que l’opinion française choisisse d’entrer dans son histoire future, lorsque la parenthèse actuelle sera refermée, à partir d’une vision située dans son avenir, et non à partir de ses affrontements ou de ses frustrations du présent. C’est l’objet de ce livre : concevoir un dessein national conciliant la générosité et l’efficacité et répondant aux aspirations de deux Français sur trois. »


Lors de la visite du nouveau Ministre de l'éducation dans un supermarché, de braves ménagères qui trouvent là « par hasard » trouvent que les prix sont plutôt en baisse. Il s'avèrera quelque temps plus tard que ce sont des militantes UMP. Allez, soyons positifs, ça leur aura au moins appris à pousser un caddie.


La semaine suivante, lors d'une visite d'usine, les bons travailleurs qui meublent le décor ont été choisis en fonction de leur taille.


En finir avec l'héritage de mes 68 (cm au dessus du mètre).

Pathétique.

Ce reportage de la RTBF est édifiant.



Festival de cafouillages autour de la taxe carbone et du forfait hospitalier.


Le premier Ministre, grand fan de sports auto, l'annonce à 14? la tonne, le Président répond aussitôt que rien n'est arbitré.


La Pétulante Roselyne annonce une augmentation du forfait hospitalier de 20% pour boucher le trou de la sécu. Rien n'est décidé, lui répond l'écho.


10 septembre 2009. Jour historique


A nouveau, l'Histoire est en marche. Enfin, l'histoire, pour la majuscule, nous aviserons plus tard. Façonnée par les communicants de l'Elysée, relayée en toute indépendance par le Figaro et par TF1, une nouvelle page de l'histoire de la Sarkozye s'écrit sous nos yeux béats. Il y avait eu la création de la Sécu en 1946, l'abolition de la peine de mort en 1981, l'avènement de la CSG puis du RMI au début des années 1990. Dans la même lignée, dorénavant, j'ai nommée : « la taxe carbone », pardon la « contribution climat-énergie ».


Au bout de 10 jours d'un insoutenable suspense, après avoir enfumé tout le monde y compris les Verts, le Président à arbitré : 17 ? la tonne, juste ce qu'il faut pour ne rien faire, en prétendant agir et en humiliant un peu plus son Premier Ministre actuel, en déjugeant d'autant son prétendu successeur – actuel ministre de l'écologie – , en ridiculisant la commission Rocard, en bafouant la défunte pantomime du Grenelle de l'environnement et en renvoyant Monsieur Hulot à ses vacances.


Et au passage, de souvenant qu'il avait si classieusement déclaré le 17 mars 2009  « j'ai pas été élu pour augmenter les impôts moi, Si on veut augmenter les impôts dans notre pays, hein, y'a tellement de candidats pour les augmenter, qu'vous aurez l’embarras du choix aux prochaines élections ? alors si y'en a qu'ça les démange d'augmentez les impôts, i z'oublient qu'on est dans une compétition ? »…


 

? le président du pouvoir d'achat décide de rembourser le produit de la taxe sous diverses formes passant par un crédit d'impôt sur le revenu.


Ce qu'il faudrait faire ? En premier, avoir le courage de réhabiliter l'impôt en vue d'une vaste réforme fiscale, incluant une composante écologique qui se ne se baserait pas uniquement sur la consommation de carburant mais qui intègrerait l'usage effectif d'équipements pollueurs et l'ensemble des combustibles fossiles? mais ceci est un autre Histoire.

 

10 septembre 2009. Jour histérique

 

N'en pouvant plus après 4 jours de lutte acharnée contre sa direction, la rédaction de la Chaine « Public Sénat » laisse fuiter au monde.fr une vidéo accablante pour le ministre de l'intérieur.



Vidéo accablante de bêtise, de beauferie et de cynisme, autant que de racisme. Festival de langue de bois umpesque dans les heures qui suivent pour couvrir le dérapeur. Circulez, y'a plus rien à voir.


La bravitude et les 35h au collège de Ségolène avaient fait bien plus de bruit? mais il est vrai que tout le monde s’y était mis, y compris les « camarades » de son camp.

 

Camarades qui s’en prennent plein les gencives dans ce livre, qui met au grand jour les turpitudes du congrès de Reims, ce que tout le monde savait.

 

 

 

Secte, mon amie.

On découvre soudainement qu'une loi est passée en mai 2009, interdisant la dissolution d'associations condamnées pour escroquerie. Emoi de façade dans la majorité présidentielle, la Ministre de la justice, le Président de l'assemblée, chacun y va de son couplet mêlant étonnement et détermination à ce que tout rendre dans l'ordre au plus vite.

Entretemps, l'Eglise de Scientologie, dont est membre rappelons-le l'ami Tom Cruise, est sauvée.

Rapport Stiglitz : le bonheur est dans l'après ?

Même si les propositions avancées sont jugées timides, le rapport de la commission Stiglitz, grandiloquent discours sarkozyen à l’appui, pose pleinement la question des vrais indicateurs de développement. Mais il n'y a plus que les nouveau-nés, les naïfs, les porte-parole de l'UMP, ou les hypothétiques revenants d'un voyage sur Mars pour y voir un quelconque tournant.

Le sort réservé au Grenelle de l'environnement, au rapport Attali, à la commission Rocard sur la taxe carbone, a appris aux autres, espérons-le, à être moins crédules.

Beçonneries à la chaîne

Loi sur les tests ADN inapplicable, démantèlement fort médiatisé de la « jungle » de Calais (sans aucune alternative proposée aux migrants) : le Ministre de l'immigration multiplie les sorties plus ou moins hasardeuses en ce début d'automne. Mais la Voix de son Maître ne dit rien, voire approuve, n'hésitant pas en l'occurrence à tourner une fois de plus sa veste. Tout juste se contente-t-il de râler et de déclarer que la loi était mal faite. Pour un peu comme tout mauvais manager, il va se sentir obligé de tout faire lui-même.

G20 = Gesticulations en Vain

Beaucoup de bruit autour des bonus, un peu autour des normes comptables et des agences de notation, bien peu sur les faits générateurs et sur les principaux facteurs de la crise, tels que les paradis fiscaux, les hedge funds, les ventes à terme, la titrisation, les produits dérivés, les stock-options, les normes sociales et environnementales. On s'attaque à grand bruit à l'effet ultime du système, en prenant bien soin d'épargner les vraies causes de la crise.

Clearstream : Coupable ?

Le principal prévenu, ex Premier Ministre UMP, se lâche dans les média et déclare à qui veut l'entendre « Je suis  ici par la volonté d’un homme, je suis ici par l’acharnement d’un homme, Nicolas Sarkozy, qui est aussi président de la République Française. »

Les aboyeurs UMP attaquent Villepin sur son physique en répondant sur le ton « un procès n'est pas le Club Med ».

Impitoyable Dame Nature : mieux vaut être dans la vie grand, mince, élancé, calme, élégant, capable de faire un footing sans flancher que petit, laid, agi
té, vulgaire et fragile. NDLA : ceci est une généralité, je ne vise personne, pas même les auvergnats.

Lors d'un entretien télévisé mené par deux ectoplasmes accrédités, le Président déclare, à propos de cette même affaire « ?au bout d'une longue enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant le tribunal correctionnel?Eh bien moi, je vais vous dire une chose: je fais totalement confiance à la justice. »

Nonobstant le fait, par ailleurs dramatique, que la justice est plus ou moins à sa botte, il commet ainsi un délit d'atteinte à la présomption d'innocence.

 

 

La majorité présidentielle est aujourd'hui nettement plus déchirée que le PS, Ce déchirement est public et d'une violence jamais vue.


J –  952 ( – 938 en cas de victoire au premier tour d’un candidat de rassemblement socialiste, écologique et démocrate)  : on y croit.

Ne laissons pas l’Etat étrangler financièrement les départements

La grande conquête des libertés locales, qui vit le jour en 1981 et fit tant de bien à la France de nos provinces, a permis de développer les territoires reculés et d’assurer aujourd’hui aux populations de précieux services publics du quotidien. Finira-t-elle gisant dans le caniveau sous les coups de pied conjugués de la crise économique et des attaques politiques du sarkozysme ?

 

La liberté ? C’est le droit des habitants de faire des choix, en soutenant ou non des politiques que leur proposent les élus qu’ils connaissent et qu’ils ont sous la main, en faisant avec eux des projets, en acceptant de participer par leurs impôts aux grands choix qui font le destin du territoire où ils vivent, ou parfois survivent.

 

Ces choix sont exercés par une démocratie locale plus ou moins vivante selon la culture des élus (débats permanents, comptes rendus de mandat, transparence des finances publiques, participation des citoyens aux choix publics) devant et avec la population qui aime faire usage de cette souveraineté, que la décentralisation lui a confiée, il y a près de trente ans. La crise vient de mettre l’économie en arrêt cardiaque pendant des mois comme – de mémoire de vivant – on n’avait pas vu depuis l’avant-guerre, faisant perdre des dizaines de millions de recettes fiscales aux départements, dont une partie est assise sur les transactions immobilières.

 

Pendant ce temps, la multiplication des plans sociaux a fait exploser les dépenses d’aide aux familles précipitées dans la difficulté. Pour faire face, les départements sont désormais obligés de couper des programmes d’équipement nécessaires et de tailler dans les dépenses qui financent leurs choix politiques, comme les aides aux communes rurales, le soutien à la culture et aux associations.

 

Comme si ces difficultés économiques ne suffisaient pas, le gouvernement a décidé de tirer l’ultime balle dans la nuque financière des départements. Aucun ne s’en remettra. Le mouvement avait commencé ces dernières années par les transferts massifs de compétences sans les financements correspondants. Il a chargé les épaules des conseils généraux jusqu’à épuisement de la bête (transfert de personnel par centaines, de routes par centaines de kilomètres, de la protection des mineurs par milliers de dossiers supplémentaires, des maisons du handicap par millions de frais de fonctionnement et du RSA, dernièrement, par millions d’euros de charges supplémentaires). Dans ce déchargement massif de l’Etat sur les quais des conseils généraux, les départements n’ont acquis qu’un seul droit : augmenter les impôts. Ce qui fut fait.

 

Mais voici que l’Etat lui-même, surendetté et en cessation de paiement, a décidé de ne plus payer ses dettes à l’égard des collectivités locales. L’actuel premier ministre nous refuse même ce que la loi lui ordonne de payer, au point que nous sommes quelques-uns à le traîner devant les tribunaux pour faire condamner le gouvernement à honorer ses dettes.

 

Il manquait encore le coup de grâce ! Le voilà : le projet de loi relatif à la suppression de la taxe professionnelle au 1er janvier 2010, c’est-à-dire dans trois mois, fera définitivement perdre aux départements la liberté de lever l’impôt, et ils seront désormais cantonnés au niveau actuel de leurs dépenses.

 

Chute vertigineuse des recettes, explosion des dépenses sociales liées à la crise, interdiction de lever des impôts, il ne reste plus qu’à tailler à la tronçonneuse dans les dépenses locales. Après les augmentations d’impôts, voici venu le temps des coupes sombres.

 

Jusqu’à présent, l’Etat en faillite avait réduit sa fiscalité nationale pourtant plus juste, avait offert des cadeaux fiscaux aux plus aisés et avait déplacé la charge financière sur la fiscalité locale. Mais cette fois, privés de fiscalité, les conseils généraux devront tailler lourdement dans les dépenses et supprimer des services aux publics, les aides aux familles qui scolarisent leurs enfants, la gratuité des transports scolaires là où elle existe, l’accès aux sports et à la culture, le soutien à l’équipement des territoires pauvres, le soutien aux personnes âgées dépendantes et aux personnes handicapées. Ces coupes sombres seront signées Sarkozy. Mais le plus grave est ailleurs.

 

En étranglant financièrement nos collectivités et en faisant tomber comme des dominos les conseils généraux, le président Sarkozy cherche en réalité à s’assurer un surcroît de concentration des pouvoirs au niveau de l’Etat dont il a pourtant sinistré les finances par ses politiques budgétaires irresponsables.

 

Nos départements seront désormais empêchés de choisir leurs politiques : en effet, interdire aux collectivités locales de recourir à de la fiscalité supplémentaire, c’est cantonner les départements dans le financement des dépenses rendues obligatoires par la loi, c’est transformer les conseils généraux en agents de l’Etat exécutant les politiques du pouvoir.

 

A quoi bon faire encore des élections, si les élus n’ont plus le choix de présenter des orientations distinctes de la simple exécution des dépenses obligatoires imposées par les lois ou s’ils n’ont plus d’autre choix que d’exécuter les décisions politiques du pouvoir ?

 

Nous, présidents de départements ruraux qui subissent ce piège cynique qui se referme sur leurs finances là où nous devrions pouvoir compter sur la solidarité de la nation, nous ne nous laisserons pas faire ! Car les présidents de départements ne sont pas des agents de l’Etat ! Ils sont élus sur des orientations politiques, ils ne sont pas nommés comme le sont les préfets.

 

Jusqu’où accepterons-nous de faire ainsi, telle une administration virtuelle, en lieu et place, une politique pour laquelle nous ne sommes pas élus ? Puisque la liberté d’administrer n’existera plus, nous pouvons dire que nous nous apprêtons à assister à la fin de la décentralisation. Jusqu’où accepterons-nous de nous faire étrangler ?

 

Le débat sera porté dans quelques jours devant le Parlement dans le cadre du projet de loi de finances 2010. Ce qui est en jeu, c’est la liberté des territoires, et donc la liberté des citoyens.

 

 

Arnaud Montebourg, Philippe Martin et Pascal Terrasse, députés (PS) et présidents des conseils généraux de Saône-et-Loire, du Gers et de l’Ardèche.

 

Politique fiscale 2002-2009 : la contre réforme

Daniel Vasseur, économiste, et Thomas Chalumeau, coordinateur du pôle « économie et finances » de Terra Nova dressent ici le bilan de la politique fiscale menée depuis 2002 par la droite au pouvoir. Elle se caractérise par une politique systématique de «redistribution à l'envers» : 20 milliards d'euros par an, plus d'un point de la richesse nationale, sont pris aux classes moyennes pour être redistribués aux ménages les plus aisés. Qui plus est, cette politique favorise la rente contre le travail. Elle vient se greffer sur un système fiscal français structurellement peu redistributif. Il est grand temps que les progressistes s'attaquent à une réforme fiscale de grande ampleur. Telle sera l'ambition de Terra Nova dans les mois qui viennent.

 

 

Lire la note dans son intégralité sur le site de Terra Nova