C’était ingagnable. Avec 6,4%, nous avons fait pire.

6,4% au soir du premier tour : nous savions que c’était ingagnable, nous avons réussi à faire pire, quelle humiliation.

Ce n’est pas Benoit Hamon qui a emmené le PS dans le mur comme le prétendent trop facilement certains, c’est une faillite collective dont l’origine remonte à plusieurs années. Les responsables principaux en sont depuis 2012 : Hollande, Ayrault, Macron, Moscovici, Valls, Désir, Cambadélis et la direction nationale du PS, qui sont restés insensibles à nos retours de terrains et autres motions locales depuis 2012/2013 : premières divergences de FH en regard de son programme sur le traité européen et sur Florange, politique fiscale erratique des premiers temps, CICE, pacte de responsabilité et pins de Gattaz, déchéance de nationalité et loi travail enfin.

Le tout fut sanctionné par 4 cinglantes défaites électorales en 2014/2015 et ponctué par un congrès de dupes en juin 2015.

Le gouvernement, la majorité non-frondeuse et la direction du PS sont restés sourds à ces faits et à ces signaux, ils n’ont rien fait pour infléchir une politique austéritaire socialement inefficace et politiquement désastreuse.

La plupart des électeurs, qui n’ont pas suivi tout cela en détail, et c’est bien compréhensible, assimilent le gouvernement, le PS, ses candidats et ses élus et nous ont fait payer très cher Dimanche dernier cet abandon des marqueurs de gauche, cette perte de repères et de cohérence.

Chacun de nous en porte une part de responsabilité, pour avoir laissé faire ou pour ne pas avoir été capable de se faire entendre suffisemment fort.

Parmi ces inaudibles et ces perdants il y a ceux qui, comme moi, ont joué la carte de la loyauté, au programme sur lequel Hollande et les députés de sa majorité furent élus, loyauté aux électeurs, loyauté aux primaires gravées dans les statuts du PS. Nous avons été pour cela ignominieusement qualifiés de frondeurs, et nous en sommes durement sanctionnés par ce score de 6,4%. Belle récompense.

Pendant tout ce temps, Mélenchon s’est contenté de beugler et de nous insulter, ça lui a rapporté 19%.

Emmanuel Macron, inspirateur de la politique économique qui a sabordé le PS et mis Hollande à 12% dans les sondages, est en route pour rafler la mise. Macron a été plus malin et il a bien vu l’opportunité qui se présentait. Reconnaissons-lui ce mérite politique.

Face au risque d’un péril brun et d’une honte mondiale, mais aussi parce qu’il n’est pas le diable, nous voterons pour lui le 7 mai sans enthousiasme mais sans l’ombre d’une hésitation. Et nous demeurerons ensuite vigilants.

Restera à voir la majorité législative qu’il sera en mesure de construire et la politique que celle-ci lui permettra de mener.

Restera à voir également si et comment nous pouvons reconstruire un mouvement socialiste, avec quelles forces et dans quel but.

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